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Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]


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MessageSujet: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 5 Juin - 16:51

- Aboule la monnaie.

Janvier sortit une enveloppe de papier kraft. Dedans, un peu d'argent. Suffisamment pour contenter son interlocuteur, et assez pour lui permettre d'obtenir ce qu'elle désirait sans passer par d'autres pour-parlés. Déjà que trouver quelqu'un ayant ce talent avait été compliqué, alors imaginer les négociations qu'elle avait du engendrer pour obtenir un prix tous à fait descend. Quand il lui tendit le vieux chiffon imbibé d'huile, enroulé lui même dans un papier bulle de la meilleure qualité, la jeune femme ne sut si elle devait rire ou pleurer. C'était tellement ridicule, ce qu'elle demandait n'avait pas besoin d'autant de protections. Enfin, vu le prix qu'elle le payait, c'était peut être mieux ainsi. Son interlocuteur lui, n'attendit pas qu'elle eu fini de parler avec sa conscience. S'emparant avidement de l' enveloppe, il commença à en compter les billets. La jeune femme décida de l'imiter. Ouvrant son paquet, elle en sortit sa commande. Après avoir vérifié la qualité, elle le remit à l'abri dans son chiffon d'origine.

- Il en existe des copies ?

Elle le regarda de travers. Toujours demander, même si elle connaissait déjà la réponse. C'était une façon de voir si la personne en face réagissait bien. Quelqu'un de stressé avait forcement quelque chose à se reprocher. Et comme la plupart des gens ne savaient pas faire mentir leurs corps... Le type haussa un sourcil, comme si l'idée même d'un faux le répugnait. Pas mal, pas mal. Exactement ce qu'elle attendait de lui. Alors, même si elle ne le montrait pas, Janvier était folle de joie. C'était exactement ce qu'elle avait demandée, et la qualité était au rendez vous. On sentait la patte de l'artiste, cette œuvre était vraiment unique. La jeune femme sentit un frisson d’excitation parcourir son échine. Pas mal, pas mal. Un bruit inattendu les tira tous les deux de leurs rêveries. Ils se regardèrent, et l'homme lâcha, acerbe.  

- Tu m'a vendue, sale patate douce des eaux de la Vaucluse.

Janvier ouvrit la bouche pour protester. Mais aucunes paroles n'arrivaient à en franchir le seuil, l'insulte avait fusée, et cela choquait la jeune femme. D'un geste hargneux, son interlocuteur lui arracha le paquet, avant de prendre la fuite vers le château.

- Que … que-QUOI ?

Partir à sa poursuite serait vain, elle savait comme personne que ce genre d'individus étaient les meilleurs quand ils s' agissaient de détaler. Oui, son argent prenait la fuite, en compagnie de sa commande. Janvier avait eu tellement de mal pour le contacter, elle détestait ce sentiment d'impuissance qui la rongeait. Heureusement, le trouble-fait revenait sur ses pas. Elle l'entendait approcher, sa démarche de pachyderme crissant sur le gravier. Soupirant bruyamment, elle se retourna.

- La serrure de ma nouvelle maison vient de se faire la malle. J'espère que tu as de quoi me rembourser.


Spoiler:
 


Dernière édition par Janvier le Mar 15 Juil - 14:36, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Lun 9 Juin - 9:48

La perplexité de Saccage augmentait à mesure qu'il avançait dans le château. Il se sentait pourtant parfaitement à l'aise dans ce type de décor. Après tout, il avait grandi dans une maison de grande facture, et l'aura de luxe décadent qui émanait du château convenait parfaitement à son humeur. Pourtant, il ne comprenait pas vraiment certaines choses, qui heurtaient son bon sens. On ne pouvait guère dire que Saccage était un jeune homme très attaché aux convenances. Il détestait au contraire quand on lui disait ce qu'il devait faire et qu'on l'enfermait dans des comportements liés à sa position dans la société. Mais tout de même... qui avait eu l'idée saugrenue de suspendre un rideau lie-de-vin à côté d'un tapis pourpre ? Certes, la nuance était infime et personne ne l'aurait remarqué. Cependant, il considérait que c'était une faute de goût certaine, contraire à tout sens esthétique. Le jeune homme tourna la tête pour ne plus voir ce triste spectacle, et tomba sur une autre aberration : qui avait posé un sous-napperon sur ce petit guéridon de bois ? C'était certes utile pour le protéger des éraflures, mais il fallait qu'il y eût un napperon posé dessus pour que le rendu fût véritablement joli. Décidément, les anciens habitants de ce château ne partageaient pas son goût pour la beauté des choses. Bien évidemment, rien ne pouvait éclipser sa propre beauté, toutefois, il était trop superficiel pour laisser passer ce genre de fautes de goût. Les autres incohérences de ce monde, elles, le laissaient de glace.

Saccage pénétra dans une pièce sombre, ce qui ne fit qu'accroître la colère qui naissait en lui. Il croyait, à tort, que tout avait été fait pour le blesser. C'était réussi : il ne pouvait supporter l'insulte suprême qui lui était faite, et qu'il put apercevoir lorsque ses yeux se furent suffisamment adaptés à la pénombre : une des chaises était de travers. Cela lui suffit pour le faire basculer. Ses mains se levèrent d'elles-mêmes, comme des automates, pour s'emparer de la chaise fautive et la briser en milliers de petits éclats de bois, en la tapant avec énergie et rythme contre le sol. Puis Saccage continua son œuvre en s'attaquant aux autres chaises, profitant de sa fureur pour décupler sa force. Saccage n'était pas forcément l'homme le plus fort mais, quand il s'adonnait à une œuvre de saccage, sa vigueur augmentait. D'un coup de pied, il rassembla les copeaux de bois plus ou moins grossiers, puis renversa le contenu de la table - en faisant bien attention à vider les assiettes de leur nourriture avant de les briser. Puis il admira le monticule qu'il avait réalisé, un monticule brillant et coloré, et il se sentit mieux. Pas totalement apaisé, mais toujours plus calme qu'au moment du saccage.

Saccage sortit de la pièce d'un pas lourd, qui laissait entendre qu'il était encore de mauvaise humeur. Une pointe de fierté avait cependant fait son apparition, le jeune homme se réjouissant de la beauté de ce qu'il venait de faire. Parce que son monticule avait une forme parfaitement géométrique, chose que seule lui pouvait réussir à faire dans un tel état de colère. Il continua d"avancer, pour découvrir une jeune femme qui était visiblement de mauvaise humeur, elle aussi. Chacun des mots qu'elle prononça, pris individuellement, avait un sens. Cependant, une fois rassemblés, Saccage n'en comprenait plus le message. La perplexité le gagna à nouveau. Une serrure qui marchait ? Était-ce, là encore, une des aberrations de ce monde ? Ou bien il s'agissait d'une race animale. Malheureusement, il n'était pas d'humeur à jouer, aussi répondit-il avec agacement :
« Si elle se balade, elle finira par revenir. Faîtes plus attention à vos serrures de compagnie, si vous les maltraitez, il n'est pas étonnant qu'elles finissent par s'enfuir. »
Il ne savait même pas si ce que lui disait avait un sens mais, dans la mesure où il ne comprenait pas grand-chose à ce que lui racontait la jeune femme, il estimait que c'était une assez bonne répartie. Il ne voyait pas pourquoi il allait payer pour une serrure. Franchement. Un peu moins calme, il continua d'avancer pour dépasser la jeune femme. Il commençait à avoir légèrement faim et, vu qu'il venait de gâcher de la nourriture, il allait devoir trouver un autre endroit où le couvert était mis pour se restaurer.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Mer 11 Juin - 23:10

« Si elle se balade, elle finira par revenir. Faîtes plus attention à vos serrures de compagnie, si vous les maltraitez, il n'est pas étonnant qu'elles finissent par s'enfuir. »

Cette phrase n'avait aucun sens, et il fallu quelques secondes à Janvier pour en comprendre le sens. Une serrure qui se balade ? Croyait-il vraiment ce qu'il disait, ou se moquait-il ? La seconde option semblait la plus plausible, même si l'air sérieux de son interlocuteur l'en dissuadait. En tous cas, celui la décida de ne pas attendre sa répartie avant de tourner les talons. Quel effronté ! La jeune femme serra les mâchoires, résignée à le laisser filer. Quoi qu'on en dise, elle n'était pas très portée sur la violence. Et puis même, ce type était bien trop grand qu'elle tente quoi que ce soit. Il ne lui restait donc plus qu'à trouver une phrase assassine à asséner tel une gifle, pour le faire réagir. La jeune femme fit un pas, comptant sur une improvisation, un éclair de génie qui lui viendrait en tête par la force du destin. Mais tous ce qu'elle trouva, ce fut une différence au niveau de ses chaussures. Baissant la tête, elle remarqua un petit livre à ses pieds. Un carnet qu'elle venait de piétiner.

- Tient ? C'est quoi ce machin...

Marmonna t' elle entre ses dents. Le saisissant, elle en oublia son étrange interlocuteur. C'était un livre, un livre de vers, si elle se fiait aux inscriptions sur les pages. Il avait du le faire tomber en arrivant vers elle. En tous cas, c'était une belle prise, elle pourrait certainement le revendre à prix fort. Janvier l'enfourna doucement dans sa poche droite, puis s'éloigna sur la pointe des pieds, consciente de la valeur d'un bel ouvrage. S'il appartenait au beau vert, c'était une vengeance tous à fait légitime. Ainsi, elle pourrait se repayer les services d'un serrurier. Ou trouver celui qui venait de l'escroquer.

- HALTE LA.

La jeune femme se figea, un étrange type venait lui faire face. Blond, la trentaine, habillé de façon plutôt chic et plutôt beau gosse. Dommage qu'une ribambelle d'hommes de mains se trouvaient derrière lui. Sans eux, elle aurait pu certainement tenter une approche un peu plus … standard. Sans se poser de questions, elle leva les mains en l'air. Quand il rugit un ordre ressemblant fortement à « fouiller la », Janvier se sentit tressaillir, c'était une mauvaise idée. Pas avec tous l'argent qu'elle trimbalait dans son porte-monnaie. À coup sur, on allait tenter de la détrousser, et ça, il en était hors de question. Avant qu'ils ne soient trop près, la rouquine décida donc de détaller...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 12 Juin - 16:16

Saccage s'efforça d'ignorer les bruits disgracieux qui émanaient de son estomac. Certes, il n'y avait que lui qui pouvait les entendre, et c'était surtout parce qu'il y prêtait attention. Cependant, il devait reconnaître que sa faim était bien réelle. Il arrivait au niveau de la jeune femme mais l'avait déjà oubliée, la reléguant à un rang subalterne, comme si elle faisait partie du décor. Dans la mesure où elle s'était montrée agressive à son égard et qu'il lui avait répondu, ce qui était déjà poli de sa part. De lui-même, il l'aurait très certainement ignoré, toutefois, son éducation faisait des siennes. Pour se rebeller contre une autorité parentale, il faut déjà reconnaître qu'on a affaire à une personne qui se place en position de parent. Sinon, ce n'est pas une rébellion contre l'autorité parentale. Le paradoxe, c'est qu'il faut être déjà un minimum éduqué pour y arriver, et Saccage, par conséquent, était paradoxal : il détestait les conventions qui obligeaient les autres à répondre aux paroles des uns, pourtant, il s'y pliait naturellement. Il pouvait au moins se réjouir de ne pas s'exprimer dans le langage châtié de sa famille, il acceptait la politesse de la forme mais non celle du fond. Cela le rassurait. Si cela avait été le contraire, malgré sa faim grandissante, il aurait été incapable d'avaler la moindre bouchée. Il s'apprêtait à la laisser seule quand une remarque de la jeune femme l'interpella. Il ne sut pas pourquoi, mais il eut l'intuition que cela le concernait. Juste une intuition, qui le fit se figer. Cependant, il ne voyait pas trop pourquoi cela le concernait. Ce devait être une erreur de sa part. Il haussa les épaules et repartit.

Il fut cependant surpris lorsque la jeune femme qu'il avait laissé seule quelques instants le rattrapa en courant. Il faillit lui faire remarquer, avec beaucoup d'ironie, qu'il ne fallait pas courir dans les couloirs, mais elle ne lui en laissa pas le temps, visiblement désireuse de s'en aller très loin. Saccage fronça les sourcils. Décidément, quelque chose ne tournait pas rond dans ce château, mais il était incapable de comprendre quoi. Ce ne fut que lorsque le bruit de pas martelant violemment le sol et de vociférations assez grossières lui parvint aux oreilles qu'il comprit ce que faisait la jeune femme : elle s'enfuyait. Non seulement cette jeune femme avait exigé qu'il lui remboursât une serrure qui avait décidé de se promener loin d'elle, mais en plus elle traînait dans son sillage une armée d'hommes en costume, qui n'avaient pas l'air très commode. L'espace d'un instant, Saccage envisagea de simplement les laisser passer. Cependant, ce n'était pas très sûr, parce qu'il ne pouvait pas être certain qu'ils en avaient spécialement après la jeune femme. Dans ce monde dangereux, n'importe qui pouvait être pris d'une folie furieuse et avoir envie de s'en prendre à la moindre personne qui croisait son chemin. Si c'était le cas, Saccage était aussi en danger. Il préférait ne pas prendre de risque. Malheureusement, il n'y avait nulle cachette, ni même la moindre intersection : ce couloir était désespérément droit. Une seule solution : rattraper la jeune femme.

A son tour, il se mit à courir et arriva à son niveau. L'effort physique ne lui coûtait pas véritablement, il était loin d'être un sportif de grand niveau, mais saccager réclame de l'énergie, et il est certain qu'il était dans une forme physique plutôt avenante, même si, pour être honnête, avec son léger vieillissement, il avait perdu une part infime de sa vitalité. A présent à côté de la jeune femme, il en profita pour lui demander :
« Est-ce après vous qu'ils en ont ? Si ce n'est le cas, je n'ai aucune raison de courir, je n'aime guère prendre mes jambes à mon cou, comprenez-vous. »
Si elle lui disait oui, il tournerait à la première intersection et la laisserait se débrouiller. Il n'était pas un samaritain, voler au secours des demoiselles ne le tentait que si elles le vénéraient en retour. Et, vu la façon dont elle l'avait abordé, ce n'était sans doute pas le genre de cette femme.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Ven 13 Juin - 11:43

Janvier avait alors prit la poudre d’escampette. Qu'on la fouille ? Il en était hors de question. Elle même s'étonnait de la vigueur avec laquelle elle tentait de fuir. Non qu'elle ne s'en croyait pas capable, mais se voir en action avait toujours quelque chose d’exaltant. Repousser ainsi ses limites, avec l'esprit totalement clair, c'était une expérience étrange, une expérience qu'elle retenterait peut être un jour. Elle dépassa en trombe le jeune homme. Pas le temps de lui expliquer la situation, peut être se ferait t' il capturer. Tant mieux pensa t' elle, s'il pouvait retarder ses assaillants, ne serait ce que quelques instants, elle pourrait se mettre en sécurité. Manque de chance, il l'a rattrapa peut de temps après. Il l'avait rattrapée sans efforts visibles, une situation qui l'agaça quelque peu. Était-elle si lente ?

« Est-ce après vous qu'ils en ont ? Si ce n'est le cas, je n'ai aucune raison de courir, je n'aime guère prendre mes jambes à mon cou, comprenez-vous. »

Si elle n'était pas en train de courir, la jeune femme aurait soupirée. Cet homme n'était certainement pas le genre à se mouiller pour les autres. Dommage, car à ce stade, un bouclier humain ne lui aurait pas manqué.

« Pourquoi ne pas leurs demander directement ? »

Belle réponse. Le fait est qu'elle n'en savait rien. Il est vrai que c'était une histoire pour le moins étrange. Janvier ne connaissait pas leurs motivations, si elle s'enfuyait, c'était uniquement pour protéger ses intérêts. Mais pourquoi irait t' elle le lui dire ? Autant qu'elle s'en souvenait, elle n'avait aucuns comptes à lui rendre. N'y l' envie de lui en révéler plus qu'il ne devrait savoir. Ce type, elle le sentait au fond de ses tripes, ne lui apporterait que des problèmes. Prenant une intersection à gauche, elle se colla contre le mur et lui souffla, non sans froideur.

« Vous êtes obligés de me suivre ? Allez trouver une cachette, ou retardez les, si l'envie vous prend de jouer les héros. »

Les bruits de pas se rapprochaient inexorablement. D'une poche intérieure, Janvier sortit une bombe au poivre. Elle en avait toujours une sur elle, le lot de trois était en promo quand elle l'avait acheté. Une sacrée affaire qu'elle n'avait pas laissée passer. Mais user de la violence, elle n'aimait pas ça. C'était vraiment une solution de facilité. Une solution qui ne lui plaisait pas. La rouquine le lança à son compagnon d'infortune. Une lueur de la malice au fond des yeux.

« Vous savez vous en servir ? Non ? Tant mieux, moi non plus... »

Soudain, elle le poussa violemment dans le couloir, entre les griffes des hommes pingouins. Avec un peu de chance, ils la laisseraient en paix, maintenant qu'ils avaient une autre proie à ce mettre sous la dent... Ce gars, il ne lui avait rien fait de mal, mais il ne l'avait pas non plus aidé. Elle lui avait donné une bombe poivre, au moins pourrait t'il essayer de se défendre avec. Elle le l'avait pas laissé démunie, au ça non ! C'était de bonne guerre.

« Sans rancune ! »

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Ven 13 Juin - 12:49

Courir ne lui causait pas vraiment de difficultés, il avait encore assez de forces en réserve pour le supporter. Cependant, si la poursuite s'éternisait, Saccage savait très bien qu'il ressentirait des signes de fatigue : essoufflement, points sur le côté, fatigue musculaire... Il préférait donc mettre un terme à sa course le plus vite possible. Toutefois, pour cela, il devait d'abord trouver un endroit sûr, où il pourrait s'arrêter - et, si possible, trouver de la nourriture afin de sustenter, car la faim continuait de le tenailler. Il avait donc posé une question toute simple à Janvier, laquelle lui répondit en lui suggérant de le demander aux poursuivants. Saccage fronça les sourcils. Le demander lui-même ? Il n'en avait pas particulièrement envie, ces gens-là n'avaient pas l'air très commode. La jeune femme elle-même n'était certainement pas une compagnie très agréable d'ailleurs, même si son petit côté rebelle plaisait bien à Saccage ; il aurait préféré recevoir une réponse de sa part.
« Vous êtes sure ? Ils me font un peu peur... » : avoua-t-il, parfaitement honnête.
Bien sûr, il n'envisageait pas du tout que la jeune femme pût savoir ce que voulaient ces hommes, mais faire comme si elle l'ignorait pour lui gagner du temps. Saccage était malheureusement trop naïf pour penser à cela. Aussi sa question le surprit. Était-il obligé de courir ? Non, bien sûr, il cherchait précisément une cachette. Il pensait que c'était évident, il n'avait pas particulièrement envie de se mêler de ce qui ne le regardait pas. Après tout, cette femme pouvait très bien être une criminelle recherchée et mériter d'être poursuivie par ces hommes en noir. Ils faisaient peur, cependant, les vigiles et les gardes du corps étaient toujours impressionnants, Saccage le savait par expérience. L'homme qui se tenait toujours aux côtés de son père l'effrayait quand il était petit. Pourtant, c'était très certainement un gentil - même si son père ne l'était pas, sans qu'on pût l'accuser d'être un méchant. La jeune femme lui tendit une bombe et Saccage la regarda d'un air sceptique. Il n'avait jamais utilisé un tel instrument, considérant que c'était une arme de demoiselle et dont l'efficacité était plutôt limitée. Il ne comprit pas pourquoi c'était une bonne chose qu'il ne sache pas s'en servir.
« Euh, attendez, je ne vous suis pas... »
Il comprit encore moins ce qui lui arrivait quand il heurta avec violence les hommes qui la poursuivaient. A l'évidence, eux non plus ne l'avaient pas vu venir. En tout cas, il n'avait pas réussi à faire un strike, seuls deux hommes tombèrent avec lui, les autres ne furent que retardés. Saccage n'arrivait pas à y croire. La jeune femme l'avait volontairement poussé dans leur direction pour pouvoir s'échapper ! Se servir de lui comme d'un appât ! Cela ne fit que raviver la colère du jeune homme, qui bascula en mode « saccage » et se mit à envoyer des coups de poing dans toutes les directions. Il était hors de question pour lui de les laisser s'en sortir ! Malheureusement, les hommes ne se laissent pas démolir comme les objets. Ils ne sont pas passifs, ils rendent les coups. Surtout quand ils sont plusieurs. Saccage reçut plusieurs coups en retour, ce qui ne faisait pas désenfler sa colère. Toutefois, le chef, un blondinet qu'il aurait traité de vieux dans le vrai monde mais qui ne devait avoir que quelques années de plus que lui dans celui-là, du moins en apparence, leva la main.
« Bande d'imbéciles... courrez vite derrière elle et fouillez ce gosse ! »
Ce gosse... Saccage venait de se faire traiter de gosse. Il n'aimait déjà pas beaucoup cela en temps normal, mais avec sa nouvelle apparence, il n'avait plus du tout l'air d'un enfant. Il détestait cette insulte. Et le pire, c'était qu'il n'avait servi à rien, la moitié des hommes s'étaient remis à la poursuite de la jeune femme, tandis que les autres commençaient à le fouiller, au cas où il possédait... il ne savait quoi. Il espérait juste qu'ils ne toucheraient pas à son précieux carnet de vers ou à son pot de cornichons désormais vide...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Ven 13 Juin - 13:43

Janvier continuait de courir, mais il faut l'avouer, commençait à doucement fatiguer. Il fallait donc se cacher, en attendant de reprendre quelques forces. Elle regarda par dessus son épaule, les hommes n'étaient plus la. Parfait. Les bruits en provenance du couloir lui indiquait qu'ils continuaient à la pourchasser, mais ils étaient suffisamment lointains pour ne pas l’inquiéter. La jeune femme, à la première porte venue, entra donc dans la pièce. C'était un bureau de vieux style. Certainement celui d'un grand ponte. Sur la gauche, un feu de cheminé crépitait, rendant l’atmosphère chaleureuse. Assurément une belle pièce, mais qui manquait de cachettes.

« Fouillez cette pièce ! On continue tous droit »

Ces paroles grossières la tirèrent de sa rêverie. Cherchant du regard, la rouquine chercha désespérément un endroit ou personne ne pourrait la voir. Derrière le grand bureau peut être ? Au moment ou la poignée de la porte tourna, elle se jeta dans le coin. Priant pour que personne ne la découvre.

Trois hommes entrèrent, l'air sadique des molosses en train de traquer un chat collé sur le visage. Qu'elle était stupide d'avoir voulue se cacher dans cette pièce. Quand il la découvrit, Dingo arbora un air enjoué. Géniaaal. La choppant au collet, il la ramena vers les deux autres, ricanant comme seuls savent le faire les abrutis de service. On tenta de lui passer des menottes. Parce que, oui bien sur, ils en avaient tous une paire dans leurs poches, mais la jeune femme ne se laissa pas faire. Mordant, insultant et donnant des coups de pieds dans le vent. Une attitude bien courageuse, mais qui ne conduit qu'à une chose, se prendre un coup de tasser.

Inconsciente, un des hommes, le plus baraqué de tous, la prit sur son épaule, tel un vulgaire sac à patate. Non pas qu'ils craignaient les coups qu'elle aurait pu leurs donner. Comprenez que Janvier n'aimait pas la violence, pourquoi irait t' elle donc s’entraîner à frapper plus fort, plus rapidement que n'importe qui d'autre ? Mais parce qu'elle était suffisamment chiante pour qu'on veuille faire rapidement taire ses braillements incessants. On la ramena donc au blondinet, qui jubila rien qu'en la voyant inconsciente. Sans attendre qu'elle ne reprenne conscience, il ordonna qu'on lui retire son manteau, et prit la peine de le fouiller lui même. Il en retira le beau carnet de vers, quelques babioles, et son porte feuille. L'ouvrant, il souffla d'admiration en voyant le contenu.

« Réveillez la ! Je veux savoir ou cette petite crêpe à la noix de st jaques à volée ce fric »

Celui qui la portait donc, la retira prestement de son épaule, et tenta, à grand renfort de gifles bien placées et certainement douloureuses, de la sortir de son petit rêve.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Dim 15 Juin - 13:02

Les hommes eurent beau fouiller Saccage, ils ne trouvèrent pas ce qu'ils cherchaient. Évidemment. Ce qu'il avait sur lui n'appartenait qu'à lui, et personne n'aurait envie de lui voler son bocal à cornichons. En revanche, quelque chose l'inquiétait. Ils avaient beau regardé partout, ils ne semblaient pas trouver son carnet fétiche. Ce n'était pas normal. Normalement, un des sbires aurait dû l'extraire d'une de ses poches et ne pas le trouver intéressant - auquel cas il prouverait son ignorance, incapable de reconnaître la grande culture. Cela l'angoissait. Et le plus effrayant, ce fut quand la jeune femme fut ramenée auprès du chef. Inconsciente. Saccage se mordit la lèvre. Il ne pouvait malheureusement pas lui venir en aide. Et, à bien y réfléchir, il n'était pas sûr d'en avoir très envie. Après tout, c'était elle qui l'avait jeté en pâture à ces hommes, afin de pouvoir s'échapper. Elle n'y avait même pas réussi, ce qui le déçut. Ainsi, son sacrifice n'avait servi à rien, et elle n'avait véritablement fait que l'embêter. Il resta donc sagement assis par terre, sous la surveillance d'un des hommes de main. Les hommes retirèrent le manteau de la jeune femme, puis le chef entreprit de la fouiller lui-même. Il parut alors certain à Saccage qu'ils en avaient véritablement avec elle. Ils n'avaient vérifié ses propres poches que par mesure de précaution, au cas où elle lui aurait donné quelque chose, se sachant poursuivie. Ce n'était sans doute que cette seule raison qui lui avait valu des ennuis, à lui, ce qui l'agaça énormément. Malheureusement, il était déjà fortement en colère, mais dans l'incapacité de saccager. Il ne pouvait même pas se livrer à son loisir préféré alors qu'il était en état. C'était lamentable.

Le chef finit par sortir un petit carnet, et Saccage poussa un cri en voyant que c'était le sien. Son carnet à vers. Qu'est-ce qu'il faisait en possession de la jeune femme ? Cela devait dater de ce moment-là, quand il l'avait entendue faire une remarque étrange. Elle avait osé prendre sa possession la plus précieuse ! Le jeune homme serra les poings pour se retenir d'aller frapper la demoiselle évanouie. De toute façon, on s'occupait déjà d'elle. Le chef exhiba fièrement le portefeuille empli de billets de la jeune femme, et même Saccage reconnut qu'il y avait là une importante quantité d'argent. Pourtant, il venait d'une famille riche, les choses que les gens normaux trouvaient chères étaient souvent à ses yeux peu coûteuses. Le chef ordonna qu'on la réveille et les hommes commencèrent à la gifler. Saccage en profita pour demander à son gardien :
« Dîtes, mon brave... Ce carnet m'appartient et m'a visiblement été dérobé par cette jeune femme. Y aurait-il moyen qu'on me le rende ? »
Le chef, qui attendait qu'on réveillât la jeune femme, se tourna vers lui et éclata de rire.
« Parce qu'elle t'a volé toi aussi ? Y'a quoi dans ce carnet ?
- Simplement une liste de vers que je trouvais particulièrement poétique, répondit innocemment Saccage. Cela m'ennuierait beaucoup de ne plus pouvoir les réciter. »
Le regard que lui lançait le chef indiquait clairement qu'il considérait Saccage comme une espèce de fou marginal dont les mots ne voulaient pas dire grand-chose. Enfin, il finit par hausser les épaules.
« On verra ça plus tard, si tu te tiens sage. Bon, vous autres, vous n'êtes pas foutus de la réveiller ou quoi ? »
Saccage, pensant qu'il pourrait sans doute avoir son carnet s'il faisait ce qu'on lui disait, était prêt à obtempérer, et se renfonça sagement, d'accord pour garder la bouche close pendant l'entretien.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 19 Juin - 8:33

[Mon dieu xD comment je peux sortir Janvier de ce mauvaise pas ?XXD ]

La rouquine reprit ses esprits. En même temps, avec ce pingouin qui n’arrêtait pas de la gifler, c'était un poil normal. Son corps était endoloris, et Janvier devina que ses muscles s'étaient contractés sous l'effet du tasser. Elle eu du mal à ouvrir les yeux, mais uniquement parce qu'on ne lui en laissait pas le temps. À chaque fois qu'elle tentait une approche, un coup venait les lui refermer aussi sec. Ce ne fut que quand elle osa pousser un grognement qu'ils comprirent, et qu'ils la laissèrent enfin respirer. Elle avait mal partout. Ses joues la brûlaient, son estomac était affreusement tordu, et des crampes l'assaillaient ici et la. C'était vraiment la cata. La jeune femme toussa violemment, crachant un mélange de salive et de sang. Aucune dent ne tomba, pour cet exploit, elle en remercia fervemment le ciel. Mine de rien, elle y tenait, à ses dents.

- Alors, on se réveille ma belle ?

Elle ouvrit les yeux, pour les refermer aussi sec. Trop de lumière tuait la lumière. Et puis, la face de rat en face d'elle ne faisait rien pour arranger les choses. Blondinet était en colère. Après avoir comptée jusqu'à trois, juste pour s'assurer qu'elle était bien réveillée, Janvier ouvrit de nouveau ses petites prunelles.

- Qu'es que vous me voulez ?

Elle avait un goût de sang dans la bouche, métaliquement affolant. Sa voix ressemblait au croassement d'une grenouille écrasée par une chaussure. Pitoyable. Comble de l'horreur, le pingouin qui la tenait décida, peut être sur un signe de son patron, de la lâcher. Tombant lourdement à terre, la rouquine nu pas le courage de bouger. Elle était de toute façon trop faible pour esquisser le moindre geste. Faut pas oublier qu'elle venait de se faire passer à tabac.

- Janvier, Janvier, Janvier... la cacher ne servira à rien. Ou est la serrure ?

La serrure ? Elle ne l'avait pas ! La jeune femme leva doucement les yeux vers lui, prête à lui répondre du tact au tact. La colère de Blondinet, pourtant, la réduisit au plus profond des silences. Peur. Elle était tous bonnement terrifiée. Avant qu'elle ne puisse se contrôler, son corps se mit à trembler.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Dim 22 Juin - 14:27

Saccage se tenait sagement sur le côté, attendant qu'on daignât lui accorder de l'attention.Quand il s'agissait de récupérer son précieux carnet empli des plus beaux vers grappillés au cours de ses lectures. Bien sûr, il pouvait éprouver de la pitié pour la jeune femme, mais elle lui avait tout de même volé ce carnet. Comme si cela pouvait l'intéresser, elle, qui n'était très certainement qu'une inculte. Il n'avait donc pas l'intention de lui venir en aide. Et puis, il était plutôt fasciné par le déroulement des opérations. Cela le changeait de ces mornes dîners où rien ne se passait, où l'on invitait un petit orchestre pour fournir un « agréable » fond musical et où on ne faisait finalement rien du tout. Et pourtant, il changea d'avis lors que le chef, l'homme aux cheveux blonds, lui demanda où se trouvait la serrure. La peur de la jeune femme était manifeste. Mais ce qui émouvait plutôt Saccage, c'était l'histoire de la serrure.
« Elle ne l'a pas, annonça-t-il sans trop comprendre pourquoi il l'avouait, lui. Elle m'a agressée quand je l'ai rencontrée parce qu'elle n'avait pas la serrure et cela l'énervait beaucoup. »
Il ne savait pas du tout s'il faisait bien de dire la vérité. Mais ne s'en souciait guère, à vrai dire. Tout ce qui l'intéressait, c'était de récupérer son carnet. Si la jeune femme n'avait pas la serrure, ces hommes allaient perdre leur temps, et risquaient de se montrer moins enclins à lui rendre son dû. Voilà pourquoi Saccage était intervenu : il ne souhaitait surtout pas perdre son dû.

Le chef se retourna alors vers lui et soupira.
« J'lui avais pas demandé de se taire, à lui ? »
Saccage frissonna. Il n'avait pas peur de cet homme - il était trop naïf pour avoir peur de quelqu'un, à vrai dire -, mais il avait peur de ne pas récupérer son carnet, et il ne voulait surtout, surtout pas l'énerver. Il s'empressa de baisser la tête dans l'espoir que celui-ci l'abandonnât, malheureusement, l'homme lui donna un coup de pied dans le tibia, et Saccage se retint de hurler uniquement parce qu'il voulait récupérer son carnet. Il était rare de le voir aussi maître de lui-même, habituellement, il se serait déjà déchaîné, en proie à une de ses violentes rages. C'était bien la preuve, pour qui le connaissait, qu'il tenait à ce carnet de vers plus qu'à n'importe quel autre objet. Le jeune homme resta donc impassible quand le chef approcha son visage du sien, empoignant son col pour le menacer, ce qui gênait légèrement sa respiration.
« Et donc, elle est où cette serrure ? »
Saccage faillit lui dire qu'elle était partie se promener, puisque c'était ce qu'il avait envie de la jeune femme, mais lui-même était assez tolérant vis-à-vis des délires. Cet individu-là n'avait guère l'air enclin à s'amuser, et s'il avait l'impression que l'on se moquait de lui, l'issue serait nécessairement fatale. Saccage dit donc la seule chose qui lui parut cohérente :
« Je pense qu'elle est en possession de quelqu'un d'autre et que cette jeune femme était à sa recherche. »
Il ne savait pas qu'il ne se trompait pas lorsqu'il disait qu'elle était à quelqu'un d'autre. Mais en tout cas, son excuse lui paraissait parfaite. Qui plus est, ne se montrait-il pas parfaitement coopératif ? Avec ça, c'était sûr, ces messieurs tiendraient parole et lui rendraient son carnet.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Dim 29 Juin - 21:56

Une nouvelle rencontre et encore des nouvelles péripéties. Et regardez donc dans quelles situations vous avez mis les pieds. Et regardez donc dans quel état cela vous met. Trop de sérieux. Que diriez-vous de détendre l'atmosphère ? Ou au moins de rendre ces quelques troubles fait des plus sympathiques ?

[JANVIER] Sinon, la gonflette vous connaissez ? Non ? Dommage, mais vous allez devoir en faire l'expérience ! Enfin dans la situation ou vous êtes c'est plutôt un avantage ! Vous voilà transpirant la virilité. Attention, tout ce que vous touchez se brisera, y compris les serrures.

[SACCAGE] Et à l'inverse, il semble comme votre genre acolyte vous ai donné son genre. Vous voilà jolie et jeune demoiselle. Ce n'est pas vraiment un inconvénient pour le moment, mais quand vous ouvrirez la bouche, vous ne pourrez pas vous empêcher de chanter. Une princesse se doit toujours d'exprimer ses émotions par le biais d'une jolie chansonnette. On ne vous l'a jamais appris ?

Si jamais vous venez à vous séparer de votre compagnon toutefois, vos rôles seront inversés. A vous de choisir la situation que vous préférez. Tel est le désir du maitre aujourd'hui.


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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Lun 30 Juin - 7:30

« Elle ne l'a pas. Elle m'a agressée quand je l'ai rencontrée parce qu'elle n'avait pas la serrure et cela l'énervait beaucoup. »

Une voix s'élevant, brisant tous espoir de sortir en un seul morceau. Ils auraient pu mentir, lui dire qu'ils l'avaient encore, cette maudite serrure. Non, cela n'irait pas. Jamais ils n'auraient été dupes, la preuve était qu' elle tremblait comme une feuille. Comment profaner des inepties dans ce cas la.

« J'lui avais pas demandé de se taire, à lui ? »

L'autre lui décocha un coup de pied dans le tibia, histoire de le faire réagir. Mais le jeune homme ne pipa mot. Janvier était formelle, ce genre de coups aurait du le faire hurler. Il empoigna sa nouvelle victime par le col pour lui demander ou elle était, Saccage lui répondit qu'un autre l'avait volé. Il subissait les foudres de ce type à sa place. C'était vraiment un brave gars. Dommage qu'ils se soient rencontrés dans cette situation, la jeune femme était sure d'avoir tous gâcher. Encore une fois. Il était temps qu'elle prenne un peu ses responsabilités, même si cela ne lui ressemblait pas. Elle devait en finir avec cette étrange situation.

- Lâche le.

Un ton monocorde, des yeux blasés rivés sur le blondinet. La rouquine se leva doucement, et lui enleva le col des mains. Comment avait t' elle réussie cet exploit ? Elle devrait se poser la question plus tard. Gentiment, elle poussa alors le beau gosse en arrière. Manque de chance, il s'écrasa contre le sol, violacent, en plus. Janvier recula précipitamment, ne comprenant pas pourquoi elle était maintenant doté d'une telle force. Hey, c'était elle qui sentait la transpiration ? Elle n'était as en nage quelques minutes auparavant... le stress, sans doute.

[désolée pour le retard, et désolée si c'est aussi nul ><]

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Mer 2 Juil - 11:07

Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour récupérer son précieux carnet ! Saccage était prêt à n'importe quoi, y compris à lâcher la jeune femme, du moment qu'il avait son dû. Ce n'était pas un héros, loin de là, les héros le hérissaient. Il détestait ces gens prétendument parfaits qui arrivaient toujours à se faire aimer des gentils. Ce n'était pas son genre. Lui, il voulait bien qu'on l'aimât, évidemment, mais pas au prix de sa propre vie. Le truc, c'est que ça commençait à mal tourner pour lui. Un de ces abrutis commençait à le martyriser légèrement, et si Saccage ne répliquait pas, c'était uniquement parce qu'il avait encore l'espoir d'obtenir son carnet. Sinon, il va sans dire qu'il aurait déjà explosé et tout envoyé balader. Ce n'était pas quelqu'un qui aimait coopérer, se laisser guider, accepter qu'on le manipule. En règle générale, il était bien plus celui qui envoyer valser des tables à la figure de ses ennemis. Mais pas là. Ce fut peut-être ce qui motiva la jeune femme à réagir, ordonnant à son adversaire de le lâcher. Ordre qui ne fut bien entendu pas obéi, comme s'y attendait Saccage. Elle expulsa son assaillant avec une force dont Saccage n'aurait jamais rêvé. Quelle puissance ! Il s'étonna de la voir aussi forte alors qu'elle avait voulu fuir. Elle aurait aisément pu battre tous ses poursuivants à plate couture, en fait ! Saccage se dit qu'il serait peut-être plus utile de se mettre de son côté, elle pourrait peut-être même lui récupérer son carnet !
« Impressionnant! » : s'exclama-t-il... avant de se figer en entendant sa voix.
Il venait de s'exprimer sur un ton chantant, avec qui plus est une voix fluette et aiguë qui ne lui ressemblait pas du tout. Horrifié, il se demanda ce qui lui arrivait. Un chat dans la gorge ? Un coup de froid ? Non, il ne connaissait pas de maladie qui pût donner un tel effet. Paniqué, il se retourna vers la jeune femme, et lui dit en chantant :
« Savez-vous ce qui se passe, ô ma princesse ? Avez-vous fait quelque exploit héroïque ? »
Puis il se tut, le visage rouge et désespérant d'avoir été frappé par un syndrome aussi barbare.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 3 Juil - 9:26

« Impressionnant! »

Janvier se figea. La voix qu'elle venait d'entendre était bien celle de son compagnon d'infortune, mais elle était déformée, comme féminisée. Elle le regarda, étonnée, mais lui aussi semblait surprit. Le problème était donc dans les deux sens.

« Savez-vous ce qui se passe, ô ma princesse ? Avez-vous fait quelque exploit héroïque ? »

La rouquine remonta quelque peu les manches de sa veste, montrant à l’inconnu ses biceps, qui étaient maintenant ceux d'un homme pratiquant le culturisme. Elle hocha la tête horizontalement, les yeux grands ouvert par la surprise, ou par le dégoût. Lui même semblait honteux, que ce soit pour le ton qu'il avait employé, ou les paroles qu'il venait de prononcer.

- Mes bébés viennent de pousser, boy.

Janvier se mit alors à rougir plus qu'il n'en faut. Quel était ce langage grossier ? On aurait dit, on aurait dit une autre personne. Poussant un glapissement viril, elle se prit la tête entre les mains et se retourna. C'était quoi ce ton, il transpirait la testostérone. Et ses paroles … oh bon dieu, ses paroles. Sans qu'elle ne sache pourquoi, elle sentit les larmes couler contre ses joues. La fatigue nerveuse, elle ne pouvait plus contenir ce trop plein d'émotions. Un étrange bruit la sortie pourtant de sa torpeur, un bruit de plâtre qui se décolle. Blondinet sortait du mur dans lequel elle l'avait encastrée.

- Bon, on se casse ou on se casse ?

Elle attendit un signe de tête, un mouvement lui prouvant qu'il la suivrait. La situation avait changée, maintenant qu'elle était touchée par cet étrange maux, ils ne devaient pas se séparer. Qui sait ce qui pourrait leurs arriver s'ils osaient ne serait ce que s'éloigner. C'était contre sa politique, mais elle n'avait pas vraiment le choix. Séchant rapidement ses larmes de d’anxiété, elle se mit alors en route.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 3 Juil - 12:23

Quelle situation affreuse ! Saccage détestait véritablement ce monde, mais il mesurait à quel point il avait raison de ne pas l'apprécier dans un moment pareil. Une mutation aussi embarrassante ne lui serait jamais tombé dessus dans son propre monde. Il n'y avait qu'ici où l'on faisait des plaisanteries plus stupides les unes que les autres... Pourquoi n'avait-il pas été doté de magnifiques muscles comme ceux qu'arboraient la jeune femme, désormais ? Cela lui aurait été fort utile. Saccageur en chef, il aimait énormément la force physique dans de tels moments. L'avait-on affublé de cette voix chantante et ridicule parce qu'il était également une personne sensible et admiratrice de belle poésie ? Il ne considérait pas que c'était un loisir efféminé, mais visiblement, tout le monde n'était pas de son avis. Enfin, ce qui lui arrivait était tout simplement scandaleux. Et quel était ce langage grossier que la jeune femme utilisait pour lui parler ? Ses « bébés » ? Saccage faillit s'étouffer. Heureusement, la jeune femme se prit la tête dans les mains, ce qui lui montra bien qu'elle n'était pas responsable. Ils étaient tous les deux affectés par un effet fort désagréable.
« Pour briser la malédiction, il nous faudra un baiser du prince charmant... » : répondit-il, avant de fermer à nouveau la bouche, dépité par l'idiotie qu'il venait de chanter.
Un baiser ? Un prince charmant ? Lui qui n'avait jamais aimé ce type de cliché, il ne se sentait pas à l'aise. Qui plus est, les paroles de cette chanson laissait fortement à désirer ! Aucun rythme, pas de rimes, assez plat et monotone... c'était tout simplement digne d'une chanson Disney. Le genre de chansonnettes que tout le monde connaît et chante quand leur taux d'alcoolémie dépasse une certaine barre. Quelle honte pour un amateur de poésie versifiée comme lui ! S'il avait en face de lui la personne qui l'avait affublé de cette malédiction, il lui signalerait la piètre qualité de ce qu'il lui faisait dire.
Saccage se mordit la lèvre avant de répondre en chantant :
« Je vous suis, divine princesse. »
Sa propre voix commençait à lui taper sur les nerfs.

Il lui emboîta le pas et, courant loin de cette pièce, déambula dans les couloirs, en s'étonnant de constater que la jeune femme était beaucoup plus rapide que lui, désormais. A croire que la gonflette s'appliquait aussi à ses jambes et qu'elle avait beaucoup plus de puissance dans celle-ci, désormais. Le jeune homme se prit alors les pieds dans le tapis et trébucha, s'étalant de tout son long sur le sol. Cela ne fit qu'accroître que sa colère. Il n'avait plus qu'une seule envie, désormais. Il poussa un hurlement... ou plutôt, chanta une longue note aiguë qui faisait office de hurlement, se releva et balança le tapis contre le mur. Avec un peu moins de force que d'habitude, cependant, de sorte que le tapis retomba sur la jeune femme qui l'accompagnait. Cela calma légèrement sa colère, même s'il n'était pas sorti d'affaire. Il n'avait toujours pas remis la main sur son carnet, à son grand agacement.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 3 Juil - 14:25

« Pour briser la malédiction, il nous faudra un baiser du prince charmant... »

Janvier haussa un sourcil. En tous cas, ce n'était pas comme si ce grimgalet en avait l'étoffe. Pour une raison qu'elle n'expliquait pas, cette phrase la dérangeait. Un prince charmant, cela existait t' il vraiment ? À ses yeux, seul Blondie avait la tête de l’emploi. Mais son bourreau n'était pas très gentil, et un peu violent aussi. Si elle faisait de lui un prince, nul doute qu'elle finirait en femme battue. Il faudrait trouver quelqu'un d'autre, mais rien que d'y penser, cela la démoralisait. La barre qu'elle plaçait était bien trop haute pour qu'un homme banal puisse endosser ce rôle. Trop de recherches à faire, trop de paramètres à vérifier.

« Je vous suis, divine princesse. »

Il lui courrait après, maintenant qu'elle était musclée, elle pourrait sans hésitation le distancer. Mais la rouquine n'avait pas envie, craignant une farce, un énième tour qui l'attendrait à la sortie. Elle essayait donc de courir moins rapidement, de l'attendre, un peu. Soudain, un cri de femme la fit sursauter. Elle se retourna, pour voir son compagnon empêtré dans un tapis. Après s'être relevé, celui ci jeta l'objet de sa colère contre le mur, objet qu'elle se prit en pleine figure. Janvier tituba, mais se releva bien vite. À ses pieds gisait le fautif, déchiré en mille morceaux. Fusillant du regard le jeune homme, elle ne chercha pas à parler, ou à demander des explications. Il avait certainement raison de lui en vouloir, et entrer dans un cercle de haine, ici et maintenant ne ferait pas avancer les choses. Elle devait régler ce problème, sinon, son futur en pâtirait. Perdre du temps sur des futilités n'était pas une bonne idée. Alors, elle se contenta d' hausser les épaules, et de poser sa main contre un guéridon qui passait par la. Avant qu'elle n'ait pu ouvrir la bouche, le meuble explosa. Se brisant comme s'il n'avait été que du verre. Janvier recula de trois bonds, comme si elle venait de se faire brûler par quelque sortilège.

- Mais qu'es que …

Elle regarda sa main droite, trois longs morceaux de bois s'étaient fichés dedans. Le premier mesurait dix bons centimètres, entrant d'un coté et ressortant de l'autre. Le second était plus petit, mais tous aussi gros, et le dernier n'était pas bien enfoncé, il ne ressortait même pas de l'autre coté. Il serait certainement le plus facile à retirer. Janvier était fascinée par cette vision d'horreur. Approchant celle ci de son visage, elle remarqua les morceaux de tissus fichés sous ses ongles. Le tissus tu tapis. Alors comme ça, elle détruisait ce qu'elle touchait, mais ne s'en sortait pas indemne. Passionnant. Elle regarda son compagnon d'infortune, cherchant un regard, une réaction. Déçue par ce qu'elle voyait, la jeune femme se re-concentra sur sa paume. La douleur qu'elle ressentait était effrayante, carrément tétanisante. Pourtant, son visage était toujours aussi inexpressif, comme si en dépit de tous, elle n'arrivait pas à croire ce qu'elle voyait. La rouquine ne sourcilla même pas quand elle retira les échardes. Elle se l'interdisait. Même si son visage devait avoir pâlit, elle ne devait pas montrer qu'elle avait mal. Afficher des faiblesses, c'était ouvrir la porte à toutes sorte d'ennuis. Des ennemis nommés compassion, compréhension et empathie. Janvier n'en voulait pas. Jetant les bouts de bois à terre, elle se pencha pour ramasser un morceau de tissus. Délicatement, elle pansa ma main, avant de se tourner vers celui qui, sans le faire exprès, avait contribué à la blesser.

- Désolée, je me suis attardée. Continuons.

Chaque mot lui coûtait, et la douleur la tétanisait. Le sang, déjà, imbibait sa lanière, mais elle ne se laissa pas faire. Un pas, puis deux, avant de se mettre à courir. Avant de continuer à fuir. Oublier la douleur, oublier la douleur, oublier la douleur. Ouais bon bah, pour le moment, ce n'était pas gagné.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 3 Juil - 16:02

Saccage aurait présenté des excuses pour sa maladresse s'il n'avait pas eu peur de sortir une idiotie comme pourrait en débiter une de ces princesses idiotes. Qu'est-ce qu'il pourrait bien lui dire, d'ailleurs ? Mille mercis, votre Honneur ? Ou pire encore ? Il n'arrivait pas à l'imaginer, mais il devinait que ce serait très inconvenant. Aussi se contenta-t-il de sourire d'un air penaud quand la jeune femme le fusilla du regard. A ses yeux, le tapis n'était plus qu'un amas de fragments déchirés, tout juste bons à faire un patchwork. Saccage ne s'en attrista cependant pas, car il avait l'habitude de voir des tapis déchiquetés. Sauf qu'en général, il les arrachait, lui, à mains nues. Il ne lui semblait pas avoir vu de pareils mouvements chez la jeune femme. Elle s'appuya alors sur le guéridon, et celui-ci explosa sous son poids. Saccage était sincèrement admiratif. D'habitude, pour briser un guéridon en bois comme celui-ci, il lui fallait plus qu'une simple pression. Comme la jeune femme avait de la chance ! Elle était désormais dotée d'une force surhumaine. Typiquement le genre de dons dont, inconsciemment, Saccage rêvait. Vu qu'il aimait détruire des objets, tout ce qui pouvait l'aider dans son habitude était bon à prendre. Au lieu de cela, il avait juste récolté une voix pourrie, et un corps un peu plus faible. L'angoisse. Sa virilité en prenait un coup.
Il ne pouvait s'empêcher de l'observer avec un regard empli d'admiration.
Et cela ne changea pas quand il regarda la jeune femme enlever les épis de bois de sa main sans crier. Son visage restait figé, refusant d'exprimer la moindre émotion. Saccage savait qu'il fallait du courage pour être aussi impassible, et n'ignorait pas que lui-même en était dépourvu. Sa compagne de fuite était décidément une personne passionnante. Dommage qu'il ne l'eût pas rencontrée dans d'autres circonstances. Un poète en mal d'inspiration en aurait très certainement fait sa muse.

Ils repartirent, la jeune femme avec la main blessée, où du sang coulait toujours. Elle faisait visiblement des efforts pour oublier la douleur. Saccage trouvait cela beau. Ils finirent par arriver à la fin du couloir où se dressait une porte. Saccage essaya de tourner la poignée, mais la porte lui résista : elle était verrouillée. Il soupira, et se tourna vers elle, lui désignant la porte sans rien dire, par peur de chanter une quelconque idiotie. Il voulait dire qu'il fallait qu'elle s'occupe de détruire elle-même la porte, si elle était si forte. Et ils devaient faire vite, car déjà, il entendait des bruits de pas encore lointains, mais qui se rapprochaient. Leurs poursuivants n'avaient visiblement pas abandonné l'idée de leur extorquer un petit secret, et s'ils ne se dépêchaient pas, ils allaient être rattrapés...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Jeu 3 Juil - 19:41

Une porte en bois massif, visiblement verrouillée. Le jeune homme se tourna vers elle, la lui désignant du menton. Janvier s'autorisa un sourire, celui la, il avait tous comprit à la vie. S'avançant, elle effleura la poignée de sa main gauche. Essayant cette fois ci de ne pas se faire blesser. Celle ci se brisa en mille morceaux, tombant lentement à ses pieds. La rouquine avait été suffisamment vive, et avait retirée sa main comme si elle venait de se brûler. Fermant les yeux, le visage impassible, elle pria pour qu'une autre coupure ne se soit pas invitée. Les ouvrant, elle faillit soupirer de soulagement. Indemne, elle était indemne. Puis elle fit un brusque mouvement d'épaule, cherchant à pousser les lourds panneaux de bois. Impossible. Deux possibilités, soit cette force se cantonnait à ses mains, soit les habits arrivaient à la stopper. Quoi qu'il en soit, cela ne les faisaient pas avancer. La jeune femme se permit donc une folie, toquer à la porte.

Janvier était intelligente, mais dans le feu de l'action, elle avait oubliée une chose. Un petit détail qui aurait pu lui coûter la vie. La force que générait une explosion. Ce ne fut qu'au moment ou elle la toucha qu'elle se rendit compte qu'elle était sérieusement dans la merde. Ouvrant la bouche, elle laissa alors filtrer une émotion sur son visage. De la panique, une terreur absolue. Et il était trop tard pour agir. Un guéridon lui avait transpercée la main, une porte en bois massif la tuerait certainement. Ces conclusions traversèrent son esprit, mais son corps ne pouvait bouger. Pas assez rapide. Ça allait faire mal.

La rouquine se sentit pourtant poussée en arrière. Quelque chose, ou quelqu'un l'avait attrapée et jetée sur le coté. Dans le vacarme qu'ils avaient provoqués, quelqu'un hurla. Elle reconnue sans peine sa voix, mais ne put expliquer ce qui l'avait poussée à un tel acte. Elle ne comprenait tous simplement pas. Des yeux, elle chercha le jeune homme, son compagnon d'infortune. Paniqua quand elle ne le trouva pas. Alors, elle se rendit compte que Blondie les avaient rejoints. Celui ci était ensevelit sous les décombres. Était ce lui qui l'avait sauvée ? Elle aurait pu jurer que non. Ses gardes du corps étaient pourtant la, hurlant en tentant de le dégager. Ils ne se souciaient pas d'elle. Sur la pointe des pieds, Janvier entra alors dans la pièce, se cachant derrière un pas de mur, elle appela son camarade. Chuchotant, pour ne pas se faire prendre.

- Heeey, garçon aux cheveux verts ? Garçon aux cheveux verts ! pssst

Si il était sous les décombres, elle irait le sauver. Quitte à botter l'arrière train poilus de ces macaques. Si il s'était caché, elle allait le trouver, et le rejoindre si possible. Pour rien au monde, elle ne voulait s'éloigner. Et même si jamais elle n'oserait se l'avouer, son absence la terrifiait.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Ven 4 Juil - 10:11

Ils avaient intérêt à faire vite, désormais, s'ils ne voulaient pas retomber dans les griffes de leurs assaillants. Saccage n'avait pas particulièrement envie de prendre à nouveau des coups, surtout que, depuis qu'il avait changé, il n'était pas sûr de pouvoir les supporter aussi bien qu'avant. Il reportait donc tout son espoir sur la jeune femme, qui essayait de pousser la porte mais qui, même avec sa force, n'y parvenait pas. Il en fut surpris. Et paniqué, car ils n'avaient nulle part où aller : ce couloir était long, et l'intersection la plus proche était trop loin d'eux, cela les obligerait à se rapprocher de leurs poursuivants. Cependant, ce qu'elle fit était peut-être encore plus stupide : elle frappa à la porte, comme si quelqu'un allait leur répondre et leur ouvrir. Quoique, vu le monde de fou dans lequel ils étaient enfermés, ça pouvait parfaitement fonctionner. Mais quelque chose attira l'attention de Saccage. Un bruit très étrange, qui ne lui était curieusement pas inconnu, alors que c'était très certainement la première fois qu'il l'entendait. Il comprit avant elle, et voulut la pousser sur le côté pour la protéger. Malheureusement, il n'attrapa que du vide, et eut tout juste la présence d'esprit de modifier son impulsion pour se protéger du souffle de l'explosion. Et il s'étala de tout son long, sentant des décombres s'abattre sur son dos.

Saccage resta un petit instant immobile, sonné par le choc. Il lui fallut un moment avant de comprendre ce qui lui arrivait, pourquoi il était par terre et... la jeune femme. Elle l'appelait. Enfin. Garçon aux cheveux verts ? Pas très sympathique, comme dénomination. Okay, ses cheveux avaient viré au vert, mais ce n'était pas le résultat obtenu, d'accord ? Et puis garçon... à son âge réel, le dénominatif ne le dérangeait pas, mais elle n'était pas censée savoir qu'il lui manquait quelques années par rapport à son apparence, elle aurait donc dû le prendre pour un homme en fin de vingtaine, trop âgé pour être appelé garçon. Tant pis, Saccage se mit à chanter pour lui indiquer sa position, et précisément une chanson Disney.
« Un jour, mon prince viendra... »
Heureusement qu'il était sous les décombres, on ne pouvait pas le voir rougir comme une tomate. Quelqu'un s'approcha et souleva les débris qui l'empêchaient de se lever et, se redressant, Saccage fut surpris de constater que ce n'était pas la jeune femme, mais un homme qui lui était totalement inconnu. Sans doute lui qui l'avait devancé et s'était occupé de secourir la femme avant lui. Bah, il n'allait pas lui en vouloir pour ça...
« Un jour, votre prince est-il venu... ? » : demanda Saccage en désignant cet homme du doigt.
Il espérait que la jeune femme allait comprendre qu'il voulait juste lui demander de qui il s'agissait, mais avec la malédiction qui lui collait à la peau, pas facile de se faire comprendre...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Mer 9 Juil - 7:23

« Un jour, mon prince viendra... »

Janvier le repéra alors, il était la, non loin, ensevelit sous un amas de décombres. Elle tiqua légèrement à la dénomination qu'il avait employé. Lui en voulait t'il de ne pas avoir su l'appeler ? Si cette malédiction n'avait pas été en place, la rouquine aurait pu le parier. Sauf que ses paroles étaient déformées, elle ne pouvait donc jurer de rien. Avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, un pingouin la devança. Ce stupide gosse venait de se faire trouver, et comme un bleu en plus. La jeune femme se décida à sortir de sa cachette.

« Un jour, votre prince est-il venu... ? »

Pourquoi l'aidait t'elle ? Pourquoi se mettait t'elle en danger pour un inconnu. En temps normal, elle l'aurait certainement laissé se débrouiller, pire, elle aurait même tentée de l' échanger contre sa liberté. Mais les temps normaux étaient révolus, elle avait besoin de lui, et il avait besoin d'elle. Ou s’arrêtaient le pragmatisme, ou commençaient les sentiments ? Ce n'était certainement pas le bon moment pour y trouver une réponse.

- DÉGAAAAAGE

Sans plus de cérémonie, elle poussa l'homme penché au dessus des décombres, au dessus des restes du petit homme vert. Il l'avait sauvée, et alors ? Ce n'était pas de lui d'on elle avait besoin. L’inconnu tomba à la renverse, ne comprenant pas réellement ce qui venait de se passer. Janvier attrapa alors le bras de son compagnon d'infortune, le tirant à sa suite. Avec cette force décuplée, elle n'avait besoin que d'un bras, et encore. Le pauvre bougre devait souffrir le martyr, la force qu'elle déployait pour le sortir de la n'étant pas anodine.

Sans l'attendre, elle décampa, remarquant au passage qu'il était plus rouge qu'une tomate trop mûre. Blondie et ses sbires n'allaient pas tarder à rappliquer, et il était hors de question qu'elle lui fasse encore face. Entrant dans la pièce, elle avisa une fenêtre grande ouverte, mais aucune autre porte. Ils n'avaient plus le temps de retourner sur leurs pas, la meilleure des solutions était donc de sauter. La rouquine eu un éclair de pensée lucide, ils allaient peut être finir par y passer, mine de rien.

- Au fait, je suis Janvier. Si jamais on devait y passer, j'ai pensée que ça serait bien que tu le sache.

Elle ne rougissait pas, être toujours digne, même dans les pires moments n' était pas l'un de ses crédaux pour rien.

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Mer 9 Juil - 17:36

On ne pouvait pas considérer que Saccage était un être particulièrement chanceux en temps normal, mais à ce moment-là, il se rendait bien compte qu'il était un sacré petit veinard - oui, ce fut exactement ce qu'il pensait, et cette expression bien en dessous de son registre de langue habituel montrait bien qu'il l'avait échappé belle. Avec tous ces décombres qui lui étaient tombés dessus, on aurait pu imaginer qu'il serait blessé, mais non, il avait bien quelques égratignures et ecchymoses, mais il s'agissait de blessures plutôt anodines, qui guériraient très vite sans aide. Comme quoi, il avait une bonne étoile. Il emboîta le pas à la jeune femme, boitant légèrement à cause d'une petite douleur au genou, mais supportant sans problème ce petit désagrément. Ils finirent par arriver dans une pièce où il n'y avait pas la moindre issue, à part celle qu'ils venaient d'emprunter, ce qui les ferait revenir sur leurs pas, perdre du temps, et risquer d'être rattrapés. Une perspective qui n'enchantait guère Saccage, qui était déjà fort mécontent d'avoir dû y laisser son petit carnet à vers. Ah, si, il y avait une fenêtre ouverte, mais cela ne venait pas du tout à l'esprit de Saccage que cela pouvait constituer un point de sortie. La jeune femme lui dévoila alors son nom, ou du moins, le nom qu'elle utilisait dans ce monde - il était assez improbable de voir quelqu'un s'appeler Janvier dans le vrai monde, estimait le jeune homme, par conséquent elle devait être dans le même cas que lui et avoir tout bonnement oublié comment elle s'appelait. Enfin, lui qui n'aimait pas ce monde était plutôt content d'avoir oublié le maudit patronyme transmis par sa détestable famille.
« Tu peux m'appeler Saccage, douce dame répondit-il en ne pouvant cesser de chanter. Nous ne sommes pas des oiseaux, si nous voulons voler par là, nous passerons l'arme à gauche. »
Traduction : si on passe par la fenêtre, on est morts.
Pour le coup, Saccage avait plutôt bien réussi à exprimer sa pensée, ce n'était donc pas ce qui l'inquiétait le plus. Il se sentait en danger, aussi se pencha-t-il à la fenêtre et observa sans flancher les mètres qui le séparaient du bas. Il déglutit, puis se tourna vers Janvier, pointa le passage du doigt, préférant ne pas ouvrir la bouche si c'était pour chanter, et enjamba le rebord. Restes de galanterie, il pensait que c'était à l'homme d'ouvrir le passage quand il y avait du danger comme cela. Son pied alla se coincer dans une irrégularité du mur de pierres, il chercha des prises pour sa main, et commença à descendre. Un étage, déjà. Il approcha d'une autre fenêtre, et se figea en voyant ce qui se passait derrière la vitre. Le chef de la bande était là, à lire tranquillement SON carnet de vers. Saccage se mordit la lèvre pour ne pas hurler. Il avait juste envie de passer par la fenêtre et récupérer son dû, là...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Ven 11 Juil - 13:00

Saccage donc. Un drôle de pseudo, pour une drôle de personne. Au moins, ce n'était pas ridicule, c'était déjà ça. Pourquoi ce souciait t'elle que ce le soit ? Peut être n'était ce qu'une constatation, Janvier avait un peu du mal à se fixer sur ses sentiments en ce moment. Trop de stress, trop d'imprévus, il fallait voir tous ça au calme, et en débattre avec son moi intérieur. Dès qu'elle en aurait l'occasion, la rouquine s' interrogerait, pour le moment, son compagnon d'infortune avait décidé de passer par la sortie qu'elle leurs avait dégotée, passant en premier, se mettant en avant pour la protéger. Elle en fut touchée, réellement. N'importe qui d'autre lui aurait demandée d'y aller. Lui avait tous simplement décidé d'être galant, c'était de plus en plus rare, avec les temps qui couraient.

Mais il y avait un problème, et pas des moindres. Ses mains, elles détruisaient se qu'elles touchaient. Comment s'enfuir dans ces cas la ? La jeune femme était piégée. Elle resta quelques secondes ébahie, puis un éclair de génie la traversa. Prenant un rideau, elle le déchira en petit lambeau, avant de s'en bander solidement les mains. Avec ces gants de fortune, elle ne touchait rien, casser des choses était donc impossible. Mais le tissus ne tiendrait pas longtemps, il commençait déjà à s’effriter. Remettant plusieurs couches, elle ne tarda pas à rejoindre Saccage. Mais il bouchonnait à l'étage en dessous, dévisageant Blondie qui lisait le livre qu'elle lui avait volée. Elle avait mal à la main, rester en place était donc désagréable.

- Tu veut que je brise la vitre pour qu'on récupère ton livre ?

Mauvaise idée, très mauvaise idée. Pourquoi avait t'elle parlée, oh bon dieu. Cette vitre allait les blesser plus qu'il ne faut. Sa main la fessait déjà souffrir, et maintenant elle prévoyait un attentat suicide ? Faire des efforts, oui elle le devait. Était ce pourtant la peine d'aller si loin pour les réussir ? Elle pria tous les dieux pour qu'il dise non, pour qu'il refuse cette main tendue...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Dim 13 Juil - 18:47

Saccage était accroché à une paroi sans aucune protection, les yeux rivés sur les précieuses pages que le chef tournait juste devant ses yeux. Ce carnet, il le connaissait par cœur. Il aimait la poésie, il avait appris tous ces vers. Il aurait pu les réciter à mesure que l'homme les lisait. Il se sentait mal à l'idée que cet homme touchât à ce qu'il considérait comme extrêmement précieux. C'était plus qu'une simple passion. C'était un amour de la belle langue. Et un lien vers son vrai monde, vers l'homme qu'il était vraiment. Un homme plus jeune, qui n'avait pas une voix de princesse poussant la chansonnette. Hypnotisé par ce spectacle, il ne remarqua pas que Janvier descendait à son tour, et regardait ce qui le faisait s'immobiliser. Elle le trouvait très certainement sympathique, à présent. Les épreuves les rapprochaient au point qu'elle lui proposât son aide. Saccage se rendit compte de sa présence à ce moment-là, et parvint à décrocher son regard du livre pour le poser sur la jeune femme. Il devait dire non, il le savait, cela aurait été plus prudent. Ils pouvaient encore s'enfuir de là indemnes, discrètement. Mais ce serait comme s'enfuir en laissant son cœur derrière lui. Certains hommes mettent toute leur vie dans l'amour qu'ils portent à une femme. Pour Saccage, c'était la même chose avec ce carnet.
« S'il te plaît... » : murmura-t-il donc de sa voix chantonnante.
Il baissa les yeux, s'écarta un peu. Si elle ne voulait pas le faire, elle pouvait toujours en décider ainsi. Mais Saccage avait dit ce qu'il pensait. Lui ne pouvait pas dire non. Il aimait trop ce carnet. Il aurait fait n'importe quoi pour lui, il aurait tout saccagé. Il posa les yeux sur les gants effrités qu'elle portait autour des mains, et se demanda si ceux-ci allaient tenir. Tout semblait destiné à mal se finir. Mais peu importait ce qui lui arrivait à lui, au fond, du moment qu'il avait son carnet...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Lun 14 Juil - 13:28

Quelques mots à peine murmurés, autant de promesses qu'elle ne pourrait jamais tenir. Sauver un carnet de vers, la belle affaire. Il n'était pas trop tard, elle pouvait encore reculer. Sa raison lui intimait de ne pas se mettre en danger, elle lui ordonnait de se retirer. Laisser les inconnus passer près de sa vie, sans jamais oser les toucher, ou même leurs parler. Sans jamais établir d'amples contacts ou rendre service, n'était ce pas ce qu'elle avait toujours fait ? Janvier se sentait fiévreuse, et sa main était en sale état. Pourquoi devrais t'elle jouer au bon samaritain ? Pourquoi devrait t'elle essayer de changer son caractère ? La réponse tenait en un mot. Saccage. Ses yeux la dévisageait, attendant un signe, quelque chose.

" ce carnet vaut donc plus que nos vies ? "

Ce n'était pas une question, simplement une constatation. Elle, elle ne possédait rien. Un souvenir si puissant qu'on veuille se sacrifier pour le récupérer, c'était étrange. Elle ne comprenait pas. La rouquine aurait aimée avoir pareil trésors. Et dire qu'elle avait cherchée à le lui voler. Finalement, elle ne valait beaucoup mieux que Blondie. Un sentiment d’extrême lassitude envahit peu à peu son corps, et alors que rien ne l'y obligeait, Janvier posa sa main devenue nue contre la vitre.

" C'est l'heure du saccage "

S'entendit t'elle rigoler. Inconsciemment, elle avait devinée ce qui se passerait une fois séparés. Les rôles changeraient, et elle deviendrait une princesse. Lui pourrait tous détruire, comme il semblait si bien le faire. Voila pourquoi elle avait sautée. Quelques secondes avant qu'elle ne vole en éclat, la jeune femme s'était éloignée de la vitre. Le regard confiant, elle chuta. Maintenant, c'était à lui de se débrouiller. Il voulait son carnet de vers, elle le lui avait un peu rendu.

On aurait pu croire que s'était involontaire, qu'elle n'avait rien calculée et que sa chute serait mortelle, mais nous parlons bien de Janvier. Et Janvier n'est pas suicidaire. Si elle avait sautée, s'était par choix. De toute façon elle tomberait, alors autant ne pas se prendre les éclats de verres une fois à terre. Loin en dessous, il y avait un arbre. De toutes ses forces, elle tenta de se raccrocher aux branches, le menton et les épaules aussi rentrés que possible. Cela n'empêcha pourtant pas son bras droit de craquer, puis d'étrangement se retourner. S’écrasant à terre, elle n'ut pas le temps d'hurler, la douleur l'ayant déjà fait sombrer dans le plus profond des sommeils. Maintenant, s'il voulait récupérer son du, il ne devrait plus compter sur elle. La rouquine venait de lui faire le plus beau des cadeaux. Un sacrifice, pour qu'il puisse continuer d'avancer. Ils n'étaient pas amis, à vrai dire, elle ne l'aimait même pas. C'était juste que les choses s'étaient déroulées ainsi, la faute à pas de chance. Le destin, la fatalité. Personne n'était coupable, même si au fond, c'était un peu la faute de tous...

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MessageSujet: Re: Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]   Mar 15 Juil - 11:53

Il savait que ce qu'il lui demandait n'était pas bien. Saccage lui-même s'en rendait compte. Il était prêt à tout abandonner, juste pour quelques vers inscrits sur des pages. Mais il était comme cela, Saccage. Amoureux de la beauté du langage plus que de celle de sa vie. C'était sa façon de vivre. Il n'avait jamais été vraiment attentif au monde matériel. Il s'appelait Saccage parce qu'il ne faisait que saccager, il détruisait ce qui ne lui convenait pas. Au risque de se blesser lui-même, au final. Alors qu'il avait toujours été calme et posé quand il écoutait la poésie. Comme l'opéra lui manquait ! Il se souvenait encore des délices qu'il avait pu y vivre. Il ne pourrait plus vivre ces merveilleuses sensations dans ce monde-là, alors sa bestialité ressortait. Et, avec elle, sa bêtise. Il était absurde de préférer un carnet de vers à leurs propres vies. Mais, quand Janvier lui demanda si c'était ainsi qu'il voyait les choses, Saccage acquiesça en silence. Il avait préféré la poésie à sa propre famille, à ceux qui lui avaient donné naissance. Il n'avait pas de réelle reconnaissance. Saccage était juste un égoïste qui n'était pas satisfait du monde dans lequel il vivait.
Janvier pouvait peut-être le comprendre. Elle le fit sourire quand elle annonça que c'était l'heure du saccage. C'était comme si elle l'invitait à mettre en avant sa véritable nature. Elle posa la main sur la vitre, avant de se laisser tomber. Saccage la regarda, les yeux ronds, ne s'attendant pas du tout à ce retournement de situation. Il ne savait pas quoi faire. Il ne put que crier :
« Janvier! »
Mais évidemment, ils étaient trop éloignés désormais.
Il se rendit alors compte que sa voix avait changé, qu'elle était redevenue normale. Que la pierre sous ses doigts étaient en train de se briser. Il comprit immédiatement ce qui s'était passé. Ils s'étaient séparés, et désormais, leurs malédictions s'étaient inversées. C'était sans doute au tour de Janvier de pousser la chansonnette, tandis que lui était affecté d'un surcroît de virilité, qui convenait parfaitement à son rôle de saccageur. Quelle force effrayante ! Le jeune homme entra dans la pièce et s'approcha du chef blond, qui s'étonnait de le voir là. D'un coup de poing, il lui brisa le bras – destructrice, cette nouvelle force ! - et s'empara de son carnet, avant de repasser par la fenêtre et de sauter à son tour, n'ayant strictement rien à faire de l'état dans lequel il serait une fois en bas. Quelle importance ? Il avait obtenu ce qu'il voulait, et cela, grâce à la jeune femme qui l'accompagnait. Même si c'était elle qui s'en était emparé à la base, il ne pouvait s'empêcher d'être reconnaissant à son égard.

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Une histoire d'argent, tous simplement [Terminé]

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