Partagez | .
 

 
Pluie. (Fleur)


avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Pluie. (Fleur)   Lun 14 Juil - 21:29

Le matin même, il faisait encore beau. À ce moment-là, dire « encore » était trop : aucun signe ne permettait de prévoir que, vers onze heures, la pluie tomberait à grosses gouttes. Pour cette raison, Produit s'était enfin attelé à la tâche d'explorer la curieuse grande ville au centre du monde. Les bâtiments abandonnés lui faisaient froid dans le dos, car on ne savait quels secrets dangers ceux-ci pouvaient receler. En parcourant les rues, Produit sentait bien qu'il n'était pas seul au monde : certaines personnes y avaient élu domicile et, à défaut de sentir leurs yeux scrutateurs sur ses épaules, leur présence était palpable. Il n'était pas encore prêt à explorer l'intérieur de ces bâtiments qui, sans leur abandon, n'auraient pas paru aussi austères. On pouvait même dire qu'il aurait été très agréable de vivre ici, lorsque la vie y existait encore : les rues étaient larges, car Produit se trouvait sur l'artère principale, et tout à fait satisfaisantes d'un point de vue sanitaire. À moins que ces artères eussent été elles aussi saturés par la circulation. Il était difficile de se représenter de l'animation dans un endroit aussi terne et morne.
C'était bien le beau temps qui avait offert à Produit le courage de s'y aventurer. Il n'avait pas peur des espaces déserts ou des villes, mais du danger de mort qui planait sur lui. Produit était persuadé que les lois de ce monde allaient bientôt le tuer. Elles paraissaient arbitraires, mais Produit y avait vu de la volonté, puisqu'à chaque étrange manifestation, il avait manqué mourir. Il n'en avait fallu pas plus pour le convaincre. Or, la concentration de bâtiments et de recoins que l'on trouvait dans une ville était dangereuse mais attirante. Attirante parce que c'était bien là qu'il avait le plus de chances de trouver la solution à son problème, à savoir un moyen de trouver son nom. La solution à son énigme pouvait se cacher dans les traces d'une civilisation disparue : elle serait très bien camouflée. Produit ne croyait pas au Maître, en revanche, il n'était pas exclu qu'une organisation humaine eût quelque chose à voir avec ces événements - Produit était prêt à accepter une explication scientifique plutôt que de la magie. Il ne pouvait pas négliger un amas aussi grand d'informations. Mais dangereuse également, parce que ce type d'environnement était idéal pour se cacher, pour organiser des courses-poursuites et pour acculer des proies. Produit n'était pas très doué lorsqu'il s'agissait d'étudier la configuration d'un lieu, mais il se rattachait à la logique, qui devrait lui permettre de sans sortir sans (trop) d'égratignures. Ce que la logique lui dictait, c'était de ne pas entrer dans les bâtiments, mais de rester bien en vue sur la rue principale, afin de se familiariser avec le plan général de la ville. Ensuite, il pourrait procéder par secteurs. Un plan on ne peut plus logique.
Il est vrai qu'une peur inavouable dictait aussi ce choix. Mais justement, Produit ne se l'avouait pas, et pensait ne pas avoir peur.

Vers onze heures du matin, Produit pensait avoir une vision d'ensemble plutôt satisfaisante de la ville. Il ne lui restait plus qu'à visiter la partie nord des rues principales avant de repartir en périphérie de la ville, dans un endroit dégagé où il se sentirait en sécurité. Ce n'était pas de la claustrophobie de sa part. En effet, Produit aurait de loin préféré s'endormir dans un lit abandonné, dans un logement abandonné, dans cette ville abandonnée. Il ne s'y sentait pas à l'endroit. Il avait simplement peur de ce qui pourrait lui arriver. Il avait donc préféré jouer la carte de la prudence, et cette stratégie avait fonctionné : Produit s'était à peine éraflé le bras durant cette matinée. Il fallait y voir un signe d'amélioration de sa condition. Peut-être allait-il finir par être prudent, un jour. Ou peureux. L'un n'empêchait pas l'autre (et Produit avait toujours pensé que ces deux qualités étaient équivalentes). Mais il se sentait satisfait de lui-même, même s'il n'avait rien trouvé pour l'avancer dans son enquête.
La pluie fut brutale : deux ou trois gouttes solitaires l'annoncèrent, puis elles se multiplièrent à l'infini en l'espace de quelques secondes. Avant d'avoir eu le temps de réagir, l'eau s'était accroché aux vêtements de Produit, qui se retrouvait trempé. Manifestement, ce n'était que le début d'une averse, puisque les nuages sombres semblaient sans fin. Sans trop réfléchir à ce qu'il faisait, Produit se mit à chercher un abri. Mais puisque la crainte d'entrer dans les bâtiments abandonnés ne l'avait pas encore tout à fait quittée, Produit devait rester sur la rue principale. Sortir de la ville ou trouver un porche prendrait trop de temps, si bien que Produit retourna sur ses pas. Il se souvenait avoir vu un marché qui lui permettrait de s'abriter pour le temps du déjeuner. Il prendrait peut-être même un peu de nourriture si le temps ne s'améliorait pas.
Il courut sous une tente où il reprit son souffle. Produit avait couru trop vite, mais il avait réussi à ne pas glisser ni trébucher, un autre exploit en son genre. Produit était si fier de lui qu'il n'avait pas remarqué que quelqu'un d'autre était sous cette tente. Il se recula, surpris, et se demanda si cette personne était déjà présente avant lui, ou si elle venait d'apparaître comme par magie. Avec ce monde, on ne pouvait jamais être sûr. Produit se sentit rassuré en remarquant qu'il s'agissait d'une jeune fille, qui n'avait pas une allure trop menaçante. Il se tourna vers elle en lui adressant un sourire aimable.
« Ça fait longtemps que tu es là ? » demanda-t-il d'un air amical.
Longtemps près de lui ? Longtemps dans ce monde ? Il n'y avait pas pensé. Produit ne s'intéressait peut-être pas vraiment à la réponse : il voulait seulement s'assurer qu'elle ne constituait pas un danger pour lui.

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Mar 15 Juil - 15:49

En observant Fleur, on aurait pu croire qu'elle vivait dans cette discrète maison depuis toute sa vie. Elle avait déjà ses petites habitudes : elle faisait son lit, ouvrait les volets et une fois prête, comme tous les matins, elle prenait un petit sac en toile blanc dans lequel elle gardait surement ses biens et sortait de sa petite demeure. Elle se promenait dans les rues vides, s'asseyait sur un banc et sortait un petit carnet fait de sa main avec seulement quelques feuilles accrochées les unes aux autres. Elle restait un peu là, toute seule et finissait toujours par se lever et un pied devant l'autre, se diriger vers la grande place où elle se laissait aller à observer chacun.
Tout cela, on pouvait s'en apercevoir en l'observant, en tant que simple figurant. Mais cette vie plaisait-elle à Fleur ? Elle souriait aux passants et chantonnait parfois une fois seule chez elle. Mais en y regardant de plus près, quand on la voit là assise seule sur son banc, on se rend bien compte qu'elle n'est pas une solitaire, qu'elle se sent seule. Ca saute aux yeux même !
Fleur n'est pourtant pas malheureuse. Elle aime bien ce monde. Il est agréable et surprenant. Aucune contrainte, seule règle : trouver son nom. Elle y à déjà réfléchi aussi. Impossible de le deviner comme ça sans un indice. La jeune fille a déjà gribouillé quelques noms dans son carnet de feuilles. Simplement des prénoms. Mais des jolis. Des prénoms qu'elle aurait eu plaisir à porter. Elle aime bien Audrey par exemple. Ou Anastasia. Dans le monde d'où elle vient, ça aurait été ridicule de porter le nom d'une princesse de conte de fée. Autant s'appeler Blanche-Neige. Mais Fleur a quitter ce monde. Maintenant, elle est au monde des rêves. Et il y a rêve et rêve. Si elle souhaitait porter ce nom, pourquoi ne le ferait-elle pas ? Elle s'en tiendrait pour l'instant à Fleur mais si elle le voulait vraiment, elle pourrait se réinventer une personnalité, un style. Ici personne ne connait son ancienne "moi". Elle pourrait devenir gothique ou carrément déambuler nue dans les rues. Qui l'en empêcherait ? Et puis de toute façon, ce n'est pas interdit, si ? Mais la petite végétarienne n'avait pas assez d'audace pour ça. Elle allait rester elle-même, fidèle à sa personnalité : continuer sa drogue des listes, prendre quelques photos ici et là, chercher à faire connaissance avec des gens, ne pas manger de viande, lire un peu tout les soirs... D'ailleurs ? La jeune fille était devenu végétarienne dans l'année de ses onze ans après avoir vu un horrible reportage à la télévision. Elle avait eut de la pitié pour les animaux et avait promis de ne plus manger de viande. Sa promesse avait d'abord été dur à tenir mais elle avait réussi. Mais ici ? Elle se trouvait dans un monde imaginaire, non ? Pourquoi s'embêterait-elle ? La réponse est pourtant simple : elle a fait une promesse, elle ne reviendra pas dessus.
C'est pour ça qu'elle s'entêtait à chercher quelques légumes verts au marché de temps en temps et surtout des nectarines et des cerises ! Un vieil homme lui en refourguait toujours en échange du plaisir de discuter quelques minutes avec elle. C'était agréable de discuté avec quelqu'un même qu'il fût de trois fois son âge.
Fleur se réveilla donc ce matin-là et comme toujours, elle quitta la petite maison blanche qu'elle avait fouillé et choisi. Elle y avait trouvé un petit appareil photo, peut-être un peu comme son premier, beaucoup trop rudimentaire par rapport au nouveau qu'elle avait dans le monde des éveillés mais néanmoins, elle prit cette appareil photo et le vit comme un signe : elle s'était donc approprié la maison. Ce jour-là, elle s'était levé plutôt que d'habitude. Elle s'était allongée sur le banc vert et s'était endormit.
Elle fût réveillé par la pluie. De grosses gouttes tombaient, et des nuages gris et épais avait remplacé le ciel dégagé de plus tôt dans la matinée.
Elle ramassa son sac en toile presque trempé et couru jusqu'à la grande place. Se réfugiant sous une tente, elle balaya le paysage du regard. Finalement elle sorti son appareil photo du sac : aucun souci. Par contre, son cahier était humide dans les coins. Elle le remit dans son sac quand un jeune homme arriva en courant.
Il reprit son souffle, un petit sourire aux lèvres. Quand il l'aperçut, il fit un petit pas en arrière, les sourcils froncés. Finalement il lui demanda « Ça fait longtemps que tu es là ? » de nouveau souriant.
« J'ai été surprise par la pluie ! Je ne suis pas la seule apparemment... » dit-elle en riant.

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Ven 18 Juil - 10:20

La méfiance instinctive de Produit se calma peu à peu lorsqu'il vit que la jeune fille n'était pas hostile. Il savait bien qu'il ne fallait pas juger les gens à leur apparence, qu'une frêle jeune fille à l'apparence rêveuse pouvait se révéler plus dangereuse que le gros dur bâti comme un colosse ou que le petit savant à tête de fouine qui grinçait plutôt qu'il ne riait. C'était d'autant plus vrai dans ce monde, où une fleur pouvait vous tuer si vous n'y prêtiez pas attention. Mais Produit se sentit en confiance avec elle. Il avait conscience de s'être montré un peu agressif, du fait de la tension qu'il ressentait, mais elle n'avait pas répondu sur le même ton, préférant sans doute éviter de se disputer avec lui. Sans compter qu'elle avait un rire absolument charmant, le genre de rire qui détendait et qui vous mettait en confiance. La peur qu'il ressentait depuis le matin se dissipa progressivement tandis qu'il répondait par un sourire et qu'il se rappelait qu'à l'origine, il était un citadin. Sans doute est-il nécessaire de rappeler qu'en tant que tel, il était plutôt habitué à des espaces bondés qu'à des ruines, mais ça ne comptait pas vraiment à cet instant. Pas de chemin boueux à emprunter, un abri pour se protéger de la pluie, et une autre personne pour se sentir moins seul étaient déjà des améliorations dans le quotidien de ce monde. Pour un peu, il se serait senti à sécurité. C'est pourquoi il prit le temps de développer un peu sa réponse :
« En effet. J'aurais dû prendre un parapluie. » dit-il en regardant le ciel.
Mais où l'aurait-il trouvé, sans rentrer dans une maison de la ville ? Produit était déjà entré dans des habitations, mais il n'avait pas pensé à chercher de parapluie parce qu'il avait peur de s'encombrer : en y réfléchissant, c'était un peu stupide de sa part. Il se retrouvait désormais complètement trempé. Il commença donc à essorer ses vêtements en les tordant avec ses mains. Il aurait été plus simple de le faire en les retirant, mais l'idée de se déshabiller devant une fille dérangeait Produit : il n'avait pas envie de la gêner en prenant trop ses aises. Il avait également peur que ses vêtements disparaissent s'il les enlevait trop longtemps, mais cela, il n'était pas prêt à l'avouer : c'était vraiment trop honteux. Il préférait donc rester trempé pour le moment. Produit essora ensuite ses cheveux, faisant couler les gouttes de pluie entre ses doigts avec nostalgie. Cela lui rappelait vraiment la maison, lorsqu'il rentrait après une pluie trop forte. Mais au moins, chez lui, Produit aurait pu se changer en paix et se sécher tranquillement. Il se recoiffa comme il put, tant pis si ses cheveux allaient tomber sans volume devant ses yeux - il aurait bien aimé les voir boucler un peu, mais c'était trop demander, semblait-il. Enfin, il prit le temps de vérifier que ses pansements tenaient toujours en place, ce qui était le cas. Pensant que ce geste devait intriguer la jeune fille, Produit s'empressa de se justifier :
« Mauvaise chute. »
Il ne prit la peine de développer, comme si le souvenir lui en coûtait, alors qu'en réalité, il n'avait pas envie de dire qu'il avait un peu trop tendance à tomber depuis qu'il était présent dans ce monde. Produit était vraiment trop fier, parfois. Lorsque son inspection fut terminée, il s'estima satisfait. Il avait l'impression d'avoir rétabli un semblant d'ordre dans ce monde, ce qui était sa manière de se rassurer. Sans phénomène étrange qui se manifestait, Produit se sentait vraiment à l'aise. Il s'installa comme il put sur un banc encombré de cageots, puis jeta enfin un coup d'œil à la jeune fille qui partageait le même abri que lui. Elle avait une remarquable chevelure blonde qui attirait immédiatement le regard - Produit ne se souvenait pas avoir vu beaucoup de personnes blondes dans ce monde. Pour cette raison, elle devait être difficile à oublier. Elle était un peu plus jeune que lui, encore adolescente. Produit lui trouvait un air vraiment gentil. Il remarqua alors le sac que la jeune fille transportait, et une certaine curiosité s'éveilla en lui. C'était peut-être malpoli de s'enquérir du contenu du sac. Mais ce sac avait l'air de ne pas supporter la pluie. C'est donc plutôt par politesse qu'il demanda :
« J'espère que tes affaires n'ont pas pris l'eau, ton sac n'a pas l'air prévu pour faire face aux plus grosses averses. »
C'était de la politesse, car il n'aurait rien pu y faire. Produit n'était pas un magicien, il n'aurait pas pu sécher le sac s'il l'avait voulu. Si quelque chose avait été abîmé par l'eau, il ne pouvait pas changer les choses. Mais il se disait que ce sac devait être important. La plupart des "habitants" de ce monde étaient nomades, comme Produit, et beaucoup se servaient dans les lieux de civilisation abandonnés par les autres. Si l'on n'y faisait pas attention et qu'on laissait ses affaires personnelles derrière soi, on risquait de les perdre à la visite du premier voleur venu. Ce qui voulait dire que les gens conservaient leurs affaires les plus précieuses sur eux. Produit se rendit alors compte que ce devait être le cas pour ce sac. Mal à l'aise à l'idée qu'elle se trompe sur son compte, il se défendit aussitôt :
« Je n'ai rien l'intention de te voler, d'ailleurs. C'est juste que je me dis que tu tiens certainement au contenu de ce sac, donc... »
Produit n'acheva pas la fin de sa phrase. Il avait l'impression de s'enfoncer, en fait. Cette jeune fille avait l'air tellement gentille qu'il n'avait pas envie de la voir souffrir. C'était peut-être stupide, car elle ne représentait rien pour lui, et la quête qu'il menait était tellement importante qu'il s'y intéressait en priorité. Mais certaines choses devaient exister sous une seule forme, et aucune autre. Les êtres bons devaient être récompensés pour leur bonté. Les méchants devaient être punis le plus tôt possible. Et les êtres comme Produit ? Pour cela, il n'avait aucune réponse.

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Dim 20 Juil - 14:56

Le jeune homme intriguait Fleur. Ce devait aller dans les deux sens comme il la jaugeait lui aussi. Le faite qu'il lui parle de vol lui avait rappeler que ce monde n'était pas le sien. Elle devait prendre garde. De plus, il avait plusieurs pansements. "Mauvaise chute" ? Vraiment ? Pouvait-elle en être sur ? Non, c'est vrai mais quelque chose la poussait à croire ce garçon. Il n'avait pas l'air bien méchant. En fait elle n'avait pas encore rencontré quelqu'un de "méchant" justement. Il ne lui était encore rien arrivé de spécial. A part bien sur le fait d'avoir atterri ici ! Et si justement ce garçon, était son premier obstacle ? Elle s'était déjà posé la question à plusieurs reprises mais finalement il ne lui était jamais rien arrivé. Peut-être qu'ici, certaine personne était plus visé que d'autre, ou alors son tour viendrait. Le vieil homme qui la rationnait toujours lui en avait raconter des pas mal comme mésaventures. Peut-être inventait-il aussi ses histoires. Quoiqu'il en soit, elle devait se décider. Devait-elle accorder sa confiance à cet inconnu ? Non. Devait-elle se méfier pour autant ? Non plus. L'idée de prendre le couteau dans son sac avait quand même germer dans sa tête mais elle n'avait pas de pressentiment. Le couteau resterait à sa place cette fois-ci. Sa meilleure amie lui aurait dit de se méfier d'un gars mignon, mais on écoute pas toujours sa meilleure amie ! Jusque là les yeux dans le vague, elle le regarda de nouveau. Il la fixait dans les yeux. Elle détourna le regard se tourna vers la pluie. Ce n'est pas que les gouttes tombant dans les flaques étaient très intéressantes, mais elle fût soudain gênée. Elle était plutôt sûr d'elle habituellement, ce monde l'a changeait. Elle devait faire quelque chose. Faire ou dire. La situation serait bloqué longtemps comme ça...
Elle avait peur, certes, mais se décida. Elle lui fit un grand sourire, posa son sac au sol et lui demanda se tournant vers lui :
« Comment on t'appelle ici ? »
Fleur fit quelques pas jusqu'à être complètement exposée à la pluie. Elle leva la tête vers le ciel et tendit les bras.
L'autre pouvait la penser folle, mais ce qu'il ne comprenait pas c'est que la pluie l'avait réveillée et qu'elle était maintenant prête à marcher jusqu'au bout du monde ! Au second degrés comme au premier. Elle se doutait bien qu'il devait la trouver coincée après tant de silence. Elle était décidé à quitter la grande ville et explorer ce monde. Après tout, elle ne trouverait pas son nom en restant assise sur son banc chaque matin. Si elle était là, dans ce lieu où tout était... pas commun ? Farfelu ? Elle ne trouvait pas le mot adapté mais voilà l'idée. Donc, si elle était là, dans ce monde farfelu, autant en profiter ! Elle n'allait pas se lamenter et avoir peur toute sa vie. Si elle passait sa vie là.. Elle préférait quand même rentrer chez elle et boire un smoothie banane avec son chien devant un épisode de n'importe quelle série pour adolescentes. Un petit coup de blues ?
Non, elle n'allait pas rester comme ça. Elle devait se ressaisir. Toujours sous la pluie, elle essora ses cheveux et regarda le jeune garçon à nouveau attendant sa réponse.

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Mar 22 Juil - 12:39

La jeune fille que Produit venait de rencontrer ne lui faisait pas encore pleinement conscience. Cela se sentait à la façon dont elle détournait les yeux - et aussi parce que Produit s'était comporté de façon quelque peu suspecte en parlant de vol. Il n'avait pas à chercher le contenu de ce sac, en particulier si sa propriétaire n'était pas disposée à en partager le secret avec lui. Cependant, Produit ne croyait pas qu'elle fût une véritable menace pour lui. Si la mort cernait le jeune homme, elle le menaçait toujours par des phénomènes inexplicables et dangereux, qui le prenaient au dépourvu. Elle n'aurait pas attendu aussi longtemps pour frapper. Comment craindre les humains lorsqu'on craignait la nature - puisque Produit ne croyait pas au Maître ? Cependant, il pensa un instant à la possibilité de mourir d'une main humaine. L'idée était troublante, même étrange. Ce devait être une mort lente et douloureuse, y compris mentalement, puisque la souffrance de la trahison s'ajouterait à la souffrance physique. Produit s'efforça de ne pas montrer que cette possibilité lui était venue en tête. À la place, il se contenta de sourire doucement, sans se forcer, pour éviter qu'elle ne le considérât comme un ennemi.
Cette stratégie paya, puisque la jeune fille finit par lui rendre son sourire. Produit la regarda se diriger sous la pluie et lever les mains au ciel, comme pour recevoir de lui une force surhumaine. En tout cas, Produit lui trouvait ainsi l'air d'une jeune prêtresse. La pluie soulignait toute sa délicatesse. Elle ne semblait plus vraiment lui porter attention, si ce n'est qu'elle semblait attendre de lui une réponse à la question qu'elle lui avait posée, à savoir son nom dans ce monde. Produit apprécia beaucoup qu'elle précisa qu'elle lui demandait le nom dans ce monde. Elle n'aurait pas pu demander autre chose, c'est vrai, mais ainsi, il avait l'impression qu'il n'était pas entièrement défini par le nom de Produit, qu'il était autre chose de plus, et de plus humain. Et pour une personne qui, comme Produit, ne rêvait que de trouver son nom et de quitter ce monde, l'attention était appréciée. Il n'osa pas cependant briser le silence tandis que la jeune fille se tenait toujours sous la pluie. L'instant paraissait presque sacré, si bien qu'il avait peur de gâcher cet instant. Même si tout ceci était étrange. Produit se disait qu'il y avait également là quelque lubie qu'il ne pouvait pas comprendre. Il se retenait toutefois de manifester son jugement. Tout ceci était très beau, et Produit ne désirait pas être méchant, mais les filles pouvaient parfois être très étranges.
« Produit. » répondit-il simplement tandis qu'elle s'essorait à présent ses cheveux trempés de pluie.
Il ne lui semblait pas nécessaire d'ajouter plus de fioritures à ce nom. Celui-ci lui correspondait très bien, car il définissait son rôle sur ce monde. Pas de beaux rêves pour masquer la cruelle réalité. Il n'était qu'une sorte d'objet qu'une force étrange s'amusait à pousser à bout. Pour redevenir pleinement humain, il lui faudrait retrouver son nom, puis quitter ce monde. C'était en tout cas tout ce qu'il désirait. Produit se demanda si tout ceci transparaissait dans ce simple mot. En tout cas, la jeune fille semblait bien se plaire sur ce monde. Elle avait l'air bien plus heureuse que lui, c'était certain. Et elle se permettait des gestes absurdes, tout comme la logique de ce monde l'était, comme si elle s'y plaisait. Vraiment étrange. Produit avait peur de tomber malade s'il restait trop longtemps sous la pluie. Elle n'en avait cure.
Mais au fond, étaient-ils si différents ? Produit n'agissait pas toujours de manière très prudente. Lorsqu'il s'agissait d'escalader quelque chose, alors le jeune homme ne faisait pas vraiment attention aux risques. Il y allait à fond et se sentait alors vraiment heureux. Il avait à ce moment-là quelque chose qu'il aimait et qu'il avait envie de faire. Peut-être était-ce la même chose pour cette jeune fille : elle avait trouvé de quoi la réjouir dans ce monde. Si cela avait la forme d'objets, ceux-ci devaient se trouver dans ce sac.
« Et toi, ton nom ? » relança-t-il d'une voix douce.
Il y avait des tonnes de choses qu'il aurait aimé lui demander. Comment elle faisait pour être aussi insouciante. Comment elle faisait pour vivre dans ce monde sans devenir folle. Et bien sûr, comment retrouver son nom. Lui s'était montré moins précis dans sa question. À dessein. Produit désirait étudier la réaction de la jeune fille. Si elle n'avait pas retrouvé son nom, elle n'y verrait qu'une question banale. Mais si elle avait retrouvé le sien, en partie ou en totalité, il y avait des chances pour que cela se vît. Du moins, c'était là le seul espoir de Produit.

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Jeu 24 Juil - 10:08

Quand "Produit" lui avait dit son nom, elle avait levé les yeux de sa mèche de cheveux pour le regarder. Produit. Fleur avait du mal à associer des mots aux personnes, ce qui est pourtant la pratique ici. Mais Produit ? Pourquoi ? Elle ne comprenait pas très bien mais il devait bien avoir une raison, une histoire derrière ce "nom". Le sien n'était pas symbolique mais il sonnait bien. Voilà tout. Dans ses réflexions, elle avait machinalement incliné la tête vers le sol.
« Et toi, ton nom ? » lui demanda t-il lui aussi.
Elle le regarda droit dans les yeux. Son nom, son vrai nom, elle ne le connait pas. Elle l'a oublié. Et ça, il le sait. Ce jeune homme est quand même étrange. Elle croisa les bras en le reluquant toujours. Elle eut soudain envie de sourire mais resta tout de même impassible. Enfin, c'est ce qu'elle espérait.
« Fleur. »
Elle finit quand même par sourire et revint sous la tente pour s'assoir à coté de lui entre les cageots. Elle fit bien attention de laissé un espace entre eux. Elle craqua ses doigts, tordit à nouveau ses cheveux en laissant dégouliner pleins de gouttes sur son T-shirt. Fleur se tourna vers Produit mais finalement se remit droite et regarda la pluie. Elle ne savait pas trop quoi dire. Non, c'est faux. Elle avait pleins de choses à dire ou pleins de questions à poser. Connait-il son vrai nom ? A t-il déjà rencontré le maitre du jeu ? Comment a t-il réagit à son arrivé ici ? A t-il eu des "problèmes" ? Tellement de questions ! Elle aurait voulu se confier aussi. Il lui manquait un ami, elle en avait toujours eu mais ici plus qu'autre part elle aurait besoin de soutien. Pas forcément du soutien venant de lui, elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance et elle ne le connaissait pas. C'est vrai qu'en pensant de cette manière, elle ne parlerait jamais à personne.
« Tu viens d'où ? »
Autant faire la conversation maintenant qu'ils sont coincés à attendre que la pluie s’arrête. Même si trempée comme elle était, Fleur aurait pu rentré chez elle. D'autant plus qu'elle venait de prouver qu'elle n'avait pas peur de la pluie ! Cependant si son interlocuteur se trouvait être coopératif, peut-être aurait-elle des informations précieuses. Elle n'était pas manipulatrice, elle ne voulait pas se servir de lui, juste aller à la pêche aux infos en attendant la fin de l'averse.

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Sam 26 Juil - 17:08

Après lui avoir jeté un drôle de regard que Produit ne se donna pas la peine d'interpréta, la jeune fille se présenta sous le nom de Fleur. Produit ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Il n'y avait bien que les filles pour se donner un nom aussi optimiste, pour ne pas dire ridicule. Produit appréciait certes les fleurs, puisqu'il n'était pas insensible à leur beauté. Mais l'idée de se comparer à une fleur ne lui avait jamais traversé la tête, sans doute parce que l'on n'incitait pas les garçons à faire ce genre de comparaison. C'est pourquoi il avait recherché un mot bien plus profond qu'une simple apparence, et il avait trouvé une fonction qu'il s'était assignée. Il était bien plus pragmatique. S'efforçant de ne pas montrer son agacement devant la superficialité des filles, Produit se contenta d'une réflexion qui était tout à fait neutre :
« Ça pourrait être un véritable prénom. »
Du moins, c'était ce qu'il lui semblait. En tout cas, il était plus probable de se faire appeler par ses parents Fleur que Produit, puisque c'était plus valorisant. Tout de même, Produit était heureux de ne pas être une fille : il n'aurait pas supporté d'être aussi positif en permanence, et de toujours se faire traiter comme une personne sans cervelle, puisque c'était ainsi qu'il voyait les choses. C'est pourquoi lorsque Fleur s'installa à côté de lui tout en maintenant une certaine distance décente, Produit laissa faire. Il était d'ailleurs plus stratégique de rester assis à attendre que la pluie passe que de s'agiter sous la pluie jusqu'à en être trempé. Il l'observa du coin de l'œil, essayant de voir d'après son visage à quoi elle pouvait bien penser. Toutefois, il détourna les yeux lorsqu'elle commença à son tour à s'essorer. Il était en effet plus poli de ne pas la scruter pendant qu'elle se séchait. Produit n'osait d'ailleurs rien dire pendant ce temps. Il aurait eu des questions à poser, et il l'aurait fait s'il se souciait moins de la politesse. Mais il n'avait pas l'habitude de se trouver en compagnie de véritables jeunes filles. Il avait beau ne pas la connaître vraiment, mais Produit savait d'emblée, grâce au nom qu'elle lui avait donné, qu'elle était rêveuse, délicate. Absolument pas du genre à se réveiller en sursaut avec l'envie irrépressible de frapper partout jusqu'à s'ouvrir une brèche vers le véritable monde. Peut-être devait-elle être une sorte de modèle pour lui. Après tout, il n'était pas exclus qu'elle pût lui fournir la clé de la paix et de la sérénité. Cela faisait tant envie à Produit. Il aurait aimé savoir comment faire pour accepter les choses telles qu'elles étaient sans perdre l'espoir de rentrer chez lui.
Il se rendit compte avec un temps de retard que Fleur avait fini de s'essorer lorsqu'elle reprit la parole. La regardant à nouveau, Produit se rendit compte que cela faisait déjà un moment qu'il faisait comme s'il l'ignorait. S'il avait rougi, l'effet était adorable. Au lieu de cela, le visage de Produit marqua une gêne en voyant qu'elle le regardait, gêne qui s'effaça rapidement lorsqu'il reprit contenance. Comme il l'avait fait tout à l'heure, Fleur avait posé une question qui pouvait être interprété de deux façons différentes. Il aurait pu lui parler du monde réel et de son propre pays, mais il éprouvait de la gêne à le faire. Pour une raison qu'il ne comprenait pas, il était capable de parler avec des personnes qui n'avaient pas la même langue maternelle que lui - il repensa à l'homme désespéré qui lui semblait être d'origine asiatique -, et tous les noms qu'il avait pu apprendre lui semblaient avoir été prononcés dans sa propre langue. C'était là un mystère vertigineux qui mettait Produit mal à l'aise. S'il se mettait à y penser, il pouvait presque en devenir incapable de parler, son esprit tourmenté se demandant s'il n'était pas manipulé. Avec ce monde, tout était possible après tout. Au lieu de cela, Produit préféra rester sur un sujet plus stable pour lui.
« Je pense que je viens du sud du monde, c'est difficile de se repérer sans carte, mais je suppose que la course du soleil est la même que chez nous. » Rien n'en était moins sûr dans ce monde, ce qui avait le don de mettre Produit en rage, mais il venait de décréter que le soleil se déplaçait dans le ciel de la même manière que le soleil réel, et il était bien décidé à ne pas changer d'avis, même si on lui prouvait le contraire. « Je visite. Je recherche... des informations. »
Une légère hésitation l'arrêta alors qu'il se disait qu'il était en train d'en demander à Fleur par ce biais détourné. Avec empressement, il modéra ses propos :
« C'est pour cela que j'ai décidé de fouiller cette cité à la recherche de celles-ci, mais j'ai été pris par la pluie. »
Bref et définitif. Libre à Fleur de décider de l'interroger plus ou non, car Produit n'était pas opposé à l'idée de poursuivre la conversation sur ce sujet. Comme son nom le laissait voir, il se montrait bien souvent très pragmatique, peut-être trop et, depuis qu'il était dans ce monde, il était devenu encore plus rigide concernant la logique, et avait tendance à mettre les sentiments à l'arrière plan. Son regard s'attarda sur le sac de Fleur. En y réfléchissant, il trouvait que la jeune fille n'était sans doute pas faite pour se lancer dans de grands voyages, contrairement à ce que son sac pouvait laisser penser. Pris d'une soudaine inspiration, il lui posa alors la question suivante :
« Au fait, tu habites en ville ? »
En tant que citadin, il savait très bien que certaines personnes se sentaient mieux dans le berceau de la civilisation - il en savait quelque chose. En se mettant sous la pluie, Fleur avait agi comme si le fait d'être mouillée n'était pas quelque chose de grave, donc comme si elle avait un abri à proximité. Cela étant, ce n'était pas forcément une mauvaise nouvelle pour Produit. Après tout, si elle connaissait bien ce lieu, cela pourrait lui éviter un certain nombre de recherches...

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Sam 26 Juil - 21:02

Produit était méfiant, c'était flagrant. Mais Fleur ne pouvait pas lui en vouloir, elle l'était aussi. Pourtant, elle n'était pas dans les capacités de lui faire du mal physiquement, mais il n'y a pas que ça. Dans ce monde il est normal que l'ont perd un peu ses notions.
« Au fait, tu habites en ville ? »
Maintenant il commençait à jouer le même jeu qu'elle. Elle pourrait lui dire que non, elle est plutôt nomade mais si il la questionnait sur son voyage elle serait bien embêtée. Elle pourrait lui dire la vérité aussi, mais peut-être qu'il voudrait venir chez elle - ce qui ne serait pas dérangeant si elle le connait mieux. Toujours cette question de confiance et cette méfiance. Il y avait de quoi en même temps, un inconnu pouvait être bien dangereux pour une fille comme elle. Fallait-il lui faire confiance ? Exaspérée par cette question, elle joua la carte de la franchise :
« Oui. Je me suis réveillée pas très loin dans une maison. J'y est pas élu domicile, ç'aurait été classe : je me suis réveillée dans la maison jaune, c'est le destin. Maintenant, c'est ma maison ! Mais non ! C'est moins classe. Je me suis réveillée dans une maison, y avait pas de toit. J'ai paniqué. La maison était vide. Sans meubles. Zéro. Pas d'étages ni de pièces, juste une grande salle, celle où j'étais avec les grands murs sur les cotés. Pas de fenêtres non plus. Une porte par contre fermé à clé. Là, j'ai trop flippé, j'ai tapé dessus comme une folle et j'ai crié. Beaucoup. J'avais les larmes aux yeux et tout. En même temps t'es toute seule dans un endroit inconnu prise au piège dans une maison en ruine. Oui parce que le bout des murs étaient comme arrachés en même temps que le toit. Tu vois genre comme si une grande main avait tout arraché comme ça. Donc j'ai balancé la clé que j'avais à la main et c'est là que je me suis rendue compte que j'avais la clé de la maison dans la main. Le truc bien déstabilisant, hein ? »
Elle le regarda enfin, il la regardait les sourcils froncés. Elle venait de lui déballer un passage de sa vie en parlant vite. Elle s'étonnait elle-même. Quoiqu'en y réfléchissant, elle avait besoin de se confier, c'était normal. Produit restait quand même un garçon rencontré par temps de pluie par le plus grand des hasards. Ce n'était pas quelque chose qui ce faisait. Elle ramassa son sac blanc laissé au sol, après s'être mise en tailleur, elle le serra contre son t-shirt mouillé. Elle avait honte de s'être confier comme ça. Elle tenta de nouveau un regard vers lui. Il l'a regardait aussi, avec un regard indéchiffrable. "Dis quelque chose" pensât-elle. Le pire, c'est quand il n'y a pas de réaction. Comme quand tu fais une connerie et que tes parents te regardent comme ça, tu te fais toute petite. Tu préfèrerais qu'il crient mais ils se taisent et font augmenter la tension. Bon, ce n'était pas un crime. Elle avait juste raconté sa vie à un garçon. Mais bon... Toujours à trop réfléchir !


HRP:
 

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Dim 27 Juil - 18:38

Alors que Produit s'attendait à une réponse expéditive de la part de Fleur, celle-ci le surprit en se lançant dans un long monologue dans lequel elle expliqua les circonstances qui l'avaient amenée à élire domicile dans une des maisons de la ville. L'histoire lui parut hallucinante car elle n'était pas vraiment logique. Le genre de maison où Fleur s'était réveillée semblait être une maison en construction, quoique ce fût stupide de ne pas construire le toit alors que les portes avaient déjà été installées. L'histoire de la clé aurait pu être plus logique, puisque de nombreuses personnes recherchaient des objets qu'elles portaient en vérité sur elles, mais Produit n'était pas certain, au vu des règles en vigueur dans ce monde, que la clé n'était pas apparu par la suite dans les mains de Fleur. En fait, s'interroger sur la logique de ce récit aurait pu donner des sueurs froides à Produit, et avant qu'il ne se mette à crier de frustration, il essaya de se mettre à la place de Fleur. C'était un exercice qu'il n'avait jamais tenté. Bien sûr, il dut attendre que Fleur eût fini de parler, car son débit était si rapide qu'il avait du mal à assimiler les informations. Produit se rendit alors compte qu'il se comportait très mal avec elle. Il devait être effrayant de se réveiller dans un lieu clos sans espoir de fuite, et si elle parlait vite, c'est qu'il y avait une raison. Elle devait craindre sa réaction, penser qu'il ne la croirait jamais ou qu'il se fichait totalement de ce qu'elle pensait. Évidemment, si Produit avait osé avouer sa terrible peur de mourir dans ce monde, les choses auraient pu se passer plus simplement. Il avait du mal à le faire. Ce n'était pas une question de confiance : Produit n'aimait pas avouer ses faiblesses aux autres, à moins que ces autres fussent bien plus faibles que lui.
Fleur serra son sac contre elle, comme si elle était gênée par ce qu'elle venait de dire d'avoir parlé de son arrivée. Produit essaya de se débarrasser de la tension qui ne le quittait jamais depuis qu'il était dans ce monde. C'était bien sûr difficile : il n'était pas certain de ne pas voir le banc sur lequel ils étaient assis s'effondrer brusquement, ou les gouttes de pluie se transformer en lames perçantes qui les réduiraient en charpie. Après tout, ce monde voulait les tuer, Produit en était certain. À son réveil, Fleur en avait fait l'expérience.
« C'est l'angoisse, en effet, confirma immédiatement Produit. J'ai bien de la chance de m'être réveillé en plein air. Je ne sais pas où c'était, mais j'étais sur un chemin. Je crois que j'étais debout, d'ailleurs. En fait, pendant un moment, je n'ai pas vraiment fait attention à ce qui m'arrivait parce que je pensais rêver, et dans un rêve, on prête rarement attention aux détails. » Un sourire lui vint aux lèvres alors qu'il se remémorait la suite de ces événements. « Il a fallu que je m'endorme et me réveille le lendemain matin pour comprendre que ce n'en était pas un. Mais... »
Brusquement, sa voix se brisa. Le souvenir de son réveil amusait beaucoup Produit, mais la suite ressemblait plutôt à un horrible cauchemar. Bien sûr, pas de monstre hideux sorti du sous-sol pour dévorer ses entrailles, ni d'ogre pour se régaler de ses doigts. De toute façon, les monstres n'apparaissaient que dans les rêves d'enfant. Lorsqu'on devenait adulte, les angoisses changeaient, devenant beaucoup plus poignantes. Mais même ses pires cauchemars ne l'avaient pas préparé à ce qui lui était arrivé. Produit avait essayé de ne pas y songer, mais il se rendit compte qu'il ne pouvait pas s'arrêter là. Son ton joyeux était sincère lorsqu'il avait prononcé ces paroles, mais à présent, il sonnerait faux. La jeune fille se rendrait bien compte que quelque chose n'allait pas. Malheureusement, il ne pouvait plus reculer. Produit avait qui plus est le sentiment qu'après la confession de Fleur, c'était à son tour de parler de lui, même si cela signifiait se ressasser des souvenirs désagréables. Il prit son courage à deux mains pour continuer :
« Tout a changé ce jour-là, quand... j'ai vu mon premier phénomène étrange. La terre s'est comme gondolée, et il y a eu une terrible averse... mais le nuage qui laissait tomber ces gouttes était comme une espèce d'animal, qui ressemblait un peu à un éléphant, mais avec la forme d'un nuage. » Bon sang ce qu'il pouvait être confus ! Fleur n'allait jamais le comprendre s'il s'exprimait de façon aussi embrouillée ! « Le nuage est vite parti, mais derrière lui, le sol s'était transformé en boue. On pouvait voir le chemin que le nuage avait emprunté. »
Produit aurait dû avoir peur de la pluie par la suite, mais en classant ce phénomène dans la catégorie « étrange », il avait décrété que ce ne pouvait devenir une règle immuable. Ses mains tremblèrent un peu et il s'efforça de les calmer.
« Depuis ce jour, je ne comprends plus rien. » avoua-t-il à demi-mots.
Sa voix était tremblante.


HRP:
 

avatar
Personnage non joueur




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Lun 28 Juil - 1:18

Tout est calme. Bien calme. Mais on vous l'a appris n'est-ce pas ? Après le calme viens la tempête. Après le calme viens donc les ordres du Maitre. Ainsi, ce monde a-t-il été façonné.

[PRODUIT & FLEUR] Vous semblez vous précipiter. Vous semblez au contraire profiter de ce moment de répits. Laissons-le donc durer ! A partir de maintenant vos gestes, vos paroles et alors le moindre de vos sons seront ralentis, le temps autour de vous semblant se modérer petit à petit. J'espère toutefois pour vous que vous n'aurez pas besoin de fuir un quelconque danger.

Oui bien sûr ceci ne sera qu'un simple contretemps. Ceci ne vous empêchera pas de faire connaissance. Mais au moins, cela vous permettra de bien former vos mots. N'est-ce pas un cadeau ? Tout du moins, ce sont les ordres qui vous ont été adressés. Attention à ne pas bégayer, cela serait plutôt embarrassant.


A noter dans votre fiche puis dans votre profil

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Mar 29 Juil - 12:49

Produit l'avait étrangement surpris, après sa tirade, elle pensait qu'il se moquerait ou au moins qu'il ferait une remarque mais non. Il l'avait regardé et après un petit moment, avait commencé à raconter son histoire. A son arrivée, il ne s'est pas tout de suite rendu compte d'où il se trouvait. Ce qui à dut être tout aussi dur. Elle ne s'était pas tout de suite posé de question à son arrivé, le premier sentiment à été la panique.
Produit a ensuite raconter son histoire de nuage. C'est anormal, ça c'est sure mais de toute façon ici, tout est chamboulé. Sa voix, plus faible maintenant, tremblait. Elle comprenait que ce devait être difficile pour lui. Il avait assister à un phénomène que jamais on aurait vu autre part. Elle, elle s'était seulement retrouvé enfermé dans un endroit inconnu, l'expérience de Produit était plus... troublante.
A cet instant, Fleur, toujours dans ses pensées, fut frappée par la malédiction du Maitre. Ses mots, ses paroles défilèrent dans sa tête.
« Vous semblez vous précipiter. Vous semblez au contraire profiter de ce moment de répits. Laissons-le donc durer ! A partir de maintenant vos gestes, vos paroles et alors le moindre de vos sons seront ralentis, le temps autour de vous semblant se modérer petit à petit. J'espère toutefois pour vous que vous n'aurez pas besoin de fuir un quelconque danger. »
Ses yeux s'ouvrir grand et son cœur commença à battre plus fort. Elle dévisagea Produit, angoissée. Elle avait vraiment peur, ce devait être le Maitre du Jeu. Forcément. Elle avait souvent entendu parler de lui et s'était posé plusieurs fois la question de son existence. Elle avait douté à son sujet, elle avait cru qu'il n'était qu'une légende mais après tout, c'était bien quelqu'un ou quelque chose qui les avait amené là. Maintenant elle en avait le cœur net. Personne ne pouvait parler dans sa tête a moins d'avoir un pouvoir télépathique ce qui n'est pas très plausible. Quoi que, c'était forcément possible puisque soit le Maitre soit quelqu'un d'autre venait d'utiliser ses pouvoirs. Elle avait décidé de croire au Maitre. Il valait mieux croire en quelque chose que de se torturer l'esprit par des questions - ce qu'elle faisait déjà assez.
« Produit ? » dit-elle effectivement au ralenti.
Elle se sentait coupable maintenant parce que si effectivement le Maitre du Jeu s'amusait avec eux, ils leurs avait infligé ça à cause d'elle. Elle avait trop parler et bien sur : trop vite. Produit tourna lentement la tête vers elle - trop lentement. Ça aurait pu être comique dans d'autres circonstances, mais là, c'était grave...

HRP:
 

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Dim 3 Aoû - 11:01

Avant d'avoir pu continuer normalement la conversation, quelque chose d'étrange se produisit. Il se retrouva soudainement ralenti, sans aucune explication. Son premier réflexe fut de constater le changement : il ferma le poing, puis l'ouvrit, pour constater la lenteur de son geste. Pourtant, le cerveau de Produit ne semblait pas s'être ralenti ou accéléré. Ses pensées avaient conservé le même rythme. En regardant de plus près la pluie, Produit constata que celle-ci tombait à sa vitesse habituelle. Sa perception du temps n'était donc en aucun cas altérée. Pourtant, Produit ne trouvait pas que cette certitude était véritablement rassurante. En effet, il venait de se rendre compte qu'il était devenu extrêmement lent, avec tous les problèmes que cela impliquait. Le moindre geste lui prendrait d'infinies secondes. Il n'aurait plus la possibilité de se déplacer avec la même facilité qu'auparavant. Sa quête s'en retrouvait compromise. Mais il y avait pire que cela : s'il était aussi lent, il serait alors bien plus simple de le tuer. Alors qu'il n'arrivait pas à éviter les dangers à sa vitesse habituelle, comment le pourrait-il, à présent ?
Produit croisa le regard angoissé de Fleur et comprit immédiatement ce qu'elle ressentait. Elle aussi semblait être affectée par ce ralentissement magique. Lorsqu'elle prononça son nom, elle fut terriblement lente. Pris d'un mauvais pressentiment, Produit lui répondit de la même manière :
« Fleur... »
Une seule syllabe, et pourtant, il aurait pu en prononcer trois dans le temps qu'il avait pris. Ainsi, leurs paroles étaient aussi ralenties par cette étrange magie. Tout ce qu'il restait à espérer était que la situation reviendrait rapidement à la normale. Pour Produit, il ne s'agissait pas de l'intervention d'une intelligence supérieure à la leur : en effet, il n'avait pas entendu les paroles que Fleur avait entendues, sans doute parce qu'il avait refusé d'y prêter attention. Ce qui leur arrivait n'était qu'un autre de ces étranges phénomènes qui risquaient de le tuer. Mais cette fois-ci, la situation était particulièrement grave, puisqu'une autre personne se trouvait impliquée. Fleur était innocente, il en avait la certitude : elle n'avait rien pu faire qui lui fît mériter la mort. Produit non plus, cela étant, mais cela ne l'empêchait pas de se sentir coupable. Tout ce qu'il aurait voulu lui dire quelques secondes plus tôt s'évanouit dans les brumes de son esprit. Il n'y pensait même plus. En revanche, Produit savait que Fleur et lui allaient devoir trouver une manière suffisamment concise de s'exprimer sans parler pendant de longues minutes. Mais pourquoi sa langue refusait-elle de parler aussi vite qu'il le souhaitait ?
Après la vague d'angoisse qu'il avait ressentie face à cette terrible découverte, Produit se sentit tout à coup le devoir de rassurer la jeune fille. À l'échelle de leurs mouvements, cette réaction paraissait rapide, mais pas à l'échelle de leur cerveau. Il tenta de lever la main vers elle pour la poser vers son épaule, mais son geste désespérément lent en devenait presque ridicule. Il n'attendit pas d'avoir posé la main avant de prendre la parole : après tout, il désirait trouver tous les moyens possibles pour gagner un maximum de temps.
« Tout va bien. » dit-il avec sa nouvelle lenteur.
Pourtant, cette parole fut presque immédiatement contredite par la crispation qui saisit sa main lorsqu'il observa un détail qui avait attiré son regard. Fleur avait dû la sentir. Lentement, le regard de Produit se tourna vers l'extérieur de la tente, où il remarqua alors quelque chose qui avait de quoi relancer toute cette angoisse. Alors que les gouttes de pluie, quelques secondes plus tôt, tombaient encore régulièrement, formant ainsi de fins traits d'eau difficiles à apercevoir, Produit pouvait désormais regarder ces gouttes tomber avec une lenteur proche de la leur. Comme le Maître l'avait prédit, le temps autour d'eux se calait à leur rythme. Son visage prit petit à petit un air inquiet en remarquant ce changement. Ses pensées, toutefois, avaient gardé la même vitesse. Était-ce une bonne nouvelle ? Si ses pensées s'étaient elles aussi ralenties, il n'aurait pas souffert du changement, mais en contrepartie, lorsqu'il aurait découvert la vérité, Produit aurait été alors d'autant plus sous le choc que ce changement était inattendu. Dans le cas présent, il avait au moins conscience de ce qui lui arrivait, ce qui lui offrait sans doute la possibilité de se préparer à vivre avec cet handicap bien gênant.
Produit ne pouvait prétendre qu'il était insensible à ce qui leur arrivait. Mais leurs gestes ralentis avec quelque chose de comique. Ils venaient d'entrer dans un monde de nouvelles règles qu'il ne maîtrisait pas du tout, ce qui était contraire à son mode de fonctionnement. Finalement, s'adapter à des phénomènes épisodes et étranges était plus facile que de remettre en cause toute la façon dont il vivait pour s'adapter à un changement de rythme. Et puisqu'il se devait d'être honnête avec lui-même, Produit constatait à quel point il avait du mal à s'habituer aux nouveautés. Se sentant incapable de faire comme si l'intervention du Maître n'était pas grave, Produit laissa s'affaisser ses épaules. Il avait l'air d'avoir baissé les bras, désormais. Les yeux vers le sol, il soupira :
« Je veux rentrer chez moi. »
Mais cette parole, qui aurait dû être lente en temps normal, car prononcée dans un souffle, n'en devint que plus longue dans ce temps ralenti. Il fallait bien que Produit se sentît acculé pour qu'il osât avouer aussi honnêtement ce qu'il désirait le plus au monde. Pourquoi tout ceci n'était-il pas un rêve dont il pourrait se réveiller ?


HRP:
 

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Lun 4 Aoû - 13:51

Produit lui aussi était ralenti. A deux dans le même bateau. Après sa grimace effrayée, il avait tendu la main vers elle - lentement, très lentement - Pour enfin la poser sur son épaule. Il tentait de la rassurer mais le fait qu'il prenait tellement de temps pour déplacer sa main, tourner la tête et prononcer un simple "tout va bien." ne la rassurait pas du tout. Au contraire ! Quand sa main se contracta sur son épaule, elle réalisa que si tout ça ne prenait jamais fin, elle avait changé la vie du jeune homme. Elle avait détruit la vie de Produit.
Si seulement tout s’arrêtait. Maintenant. Tout, pas seulement ce changement, mais aussi ce monde. Si tout s’arrêtait, elle se réveillerais dans son lit avec Meeko à ses pieds et Lisa sa petite sœur taperait à sa porte pour que Fleur lui prépare son chocolat chaud. La petite Lisa... Dans sa petite robe verte préférée, sa robe qui déclenchait toujours un conflit dans la maison. Fleur et son père la trouvait verte, Lisa et sa mère l’appelait "la petite robe bleue". Un objet pour se prendre la tête stupidement, pourtant ça ne ratait pas, à chaque fois que la petite Lisa la portait il y avait débat. La petite fille prenait donc plaisir à la porter et s'amusait à créer polémique.
Et puis Fleur aurait de nouveau son prénom, bien que cela, elle n'en avait pas beaucoup à faire. Mais comme c'est bien beau de rêver. C'est facile d'essayer de reprendre sa vie mais quand il nous arrive ce genre de choses, on remet tout en question.
Produit regardait hors de la tente. D'autres gens aussi se retrouvait ralenti ?
On ne pouvait pas trop savoir, il n'y avait presque personne autour d'eux, tout le monde était aller se mettre à l'abri de la pluie. Les seules personnes encore présentes étaient assises et ne bougeait pas vraiment seulement entrain d'attendre que la pluie s’arrête, comme Fleur et Produit à la base. Se retrouvaient-ils eux aussi avec leur handicap ? Fleur n'en était pas très sur.
Par contre, ce qui était flagrant, c'est que l'évolution de la pluie elle-même avait freiné. Les gouttes ne se hâtaient plus à rejoindre le sol mais prenaient leur temps comme fatiguées.
Si maintenant tout autour d'elle se retardait ainsi qu'elle même, elle perdrait vite patience. Elle aurait au moins le temps d'observer et de mémoriser chaque détail. Elle arriverait surement à continuer sa vie au ralenti, elle se mettrai près de la grande place et prendrait seulement plus de temps pour chercher sa nourriture.
Le plus dur serait de parler. Discuter, faire la conversation serait maintenant très difficile mais elle avait aussi besoin des mots exprimer sa pensée. "Trois nectarines s'il vous plaît" serait maintenant très long et ses interlocuteurs seraient vite saoulé, ils auraient besoin de patience.
« Je veux rentrer chez moi. »
Produit surpris Fleur. Elle était perdu dans ses pensées mais elle avait eu le temps de reprendre ses esprits avant la fin de la phrase. La lenteur rendait les paroles de Produit plus grave. Elle sentait qu'il était aussi très inquiet. Elle pencha la tête dans sa direction. Effectivement son inquiétude se lisait sur son visage.
« Moi aussi. » répondit-elle tout simplement même si cela semblait logique.
La pluie s'arrêta soudainement. Fleur hésita. Elle n'avait pas envie de partir et de tester la rapidité de sa nouvelle démarche ou de ses pas. Elle n'avait pas envie de laisser Produit là, elle aurait voulut en apprendre plus, mais par dessus tout, elle ne voulait pas que lui la laisse.  Elle ne voulait pas être seule pour gérer ce nouveau désavantage - cet horrible et nouveau désavantage.
Elle se tourna vers lui et le regarda en le suppliant de rester par la force de son regard. Pas de "au revoir". Non elle attendait qu'il lui trouve une solution mais surtout pas de "bon ben je vais y aller".
Elle attendit de voir ce qu'il allait faire en le suppliant mentalement.

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Ven 8 Aoû - 16:20

Il ne s'habituait pas encore à sa nouvelle lenteur, à supposer qu'il fût possible de s'y habituer. La lenteur de ses gestes et de ses sons l'exaspérait toujours autant. S'il se mettait à pleurer, sa larme coulerait-elle avec autant de lenteur que les gouttes de pluie ? Mais bien sûr, Produit ne pleurerait pas. Il avait déjà été poussé à bout par les étranges phénomènes qui lui étaient arrivés. Il avait déjà tout perdu, sauf la vie. Tant qu'il la conservait, Produit pourrait toujours rebondir et essayait de regagner ce qu'il avait perdu. Il avait largement le temps d'y penser pendant que Fleur et lui se débattaient dans le temps ralenti. Il rêvait de sa vie habituelle : c'était la vie d'un jeune homme de son âge, bien qu'il fût incertain de son âge véritable. Étudier, sortir avec ses amis, jouer sur internet, que de choses banales qu'il commençait à regretter sincèrement. Et puis, il y avait aussi cette histoire de gaz qu'il n'était pas certain d'avoir bien coupé avant de partir... Mais ce n'était peut-être pas si important que cela.
Face à lui, Fleur avouait avoir la même envie de rentrer que lui. Comme un fait exprès, la pluie s'arrêta subitement de tomber ; du moins, cela parut d'autant plus rapide à Produit qu'elle tombait très lentement désormais. Il allait désormais pouvoir repartir à la recherche de son nom, même s'il souffrait d'un sérieux handicap désormais. Il avait bêtement cru que la fin de la pluie signifierait la fin de la malédiction, mais les gouttes avaient commencé à tomber avant le mauvais sort. Les deux phénomènes n'étaient donc pas liés, et si Produit avait été moins rigide dans sa conception de l'univers, il aurait pensé que la pluie n'avait eu pour seul rôle de les réunir un instant pour leur jeter le même mauvais sort au même moment. Son estomac se rappela alors à son attention, et c'est alors que Produit se rendit compte qu'il n'avait pas mangé depuis des heures. Pourtant, la perspective de se restaurer lui faisait peur, car il ne savait pas comment s'y prendre pour ingurgiter les aliments, et surtout, si sa digestion s'était elle aussi ralentie, il craignait que cela la dérange. C'est pourquoi Produit ignora l'appel de son estomac qui, fort heureusement, demeura silencieux. Il aurait eu honte si des gargouillis s'étaient faits entendre.
Produit répugnait à partir. Affronter seul la malédiction lui faisait peur. Il se sentait vulnérable, au point de ne pas oser faire quelques pas dehors. Et d'ailleurs, comment pourrait-il encore ressentir la joie de l'escalade s'il devait rester lent comme un escargot jusqu'à la fin de sa vie ? Il est vrai que sa vie risquait d'être très courte mais, pour cette raison, Produit voulait en profiter le plus possible. Il s'était fendillé. Lui qui se considérait comme une carapace indestructible face au monde logique perdait pied dans ce monde fou. Le monde s'en était pris directement à lui, pour une fois. Produit ne pouvait pas pardonner ce fait. Il chercha dans les yeux de Fleur le courage de partir, mais elle avait au contraire l'air de le supplier de rester. Ce regard était ce dont Produit avait besoin, car il le rassurait. Il ne se sentait pas intrus, car il venait de comprendre que Fleur ne serait pas dérangée s'il restait. En fait, ils pouvaient puiser de la force l'un dans l'autre.
Seul, Produit se serait peut-être effondré. Accompagné, il trouvait le courage de ne pas se aller.
Parce qu'il avait malgré tout besoin de se rassurer, Produit fit un geste qui était plutôt inhabituel chez lui : il prit Fleur dans ses bras. D'ordinaire, il n'aurait jamais enlacé une amie qu'il venait à peine de rencontrer, mais d'ordinaire, il n'était pas maudit. Ce contact, qui fut plutôt bref selon leurs nouveaux critères, contribua à le calmer. Même si cela l'embêtait de le reconnaître, il était bien heureux de ne pas être le seul à être pris dans cette folie. Il pouvait trouver bien des raisons pour expliquer ce geste, ainsi, la volonté de rassurer Fleur, mais la vérité était qu'il avait peur et qu'il avait besoin de sentir quelqu'un auprès de lui. Il n'était pas vraiment fait pour être seul dans ce monde.
Cette fois-ci, son estomac lança un grondement pour lui avertir qu'il était grand temps de le remplir. Cela amusa le jeune homme, qui sentait son courage revenir à présent qu'il avait quelqu'un à ses côtés. Il proposa donc à sa camarade d'infortune :
« Allons manger ? »
Ce n'était pas une véritable question, mais il ne pouvait rien faire de mieux. Il avait qui plus est repéré un stand de produits de la ferme à deux mètres d'eux. Si jamais ils le désiraient, ils pouvaient également entrer dans une maison pour se servir, à condition qu'aucun squatteur n'y eût élu domicile. Le chemin serait plus long, cependant.


HRP:
 

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Dim 10 Aoû - 19:54

Fleur n'avait pas très faim, mais elle aurait pu faire n'importe quoi pour Produit là maintenant. Il lui avait proposé de manger, il n'allait pas l'abandonner, ils pourraient se serrer les coudes. Elle avait un excès de soulagement et de reconnaissance en elle. Elle souriait. Ils n'étaient pas tirés d'affaire mais pour Fleur - être deux - c'était déjà énorme.
Elle hocha - lentement - la tête et se leva. Ils se dirigèrent vers le stand que lui désigna Produit. La dame qui était assise là était très maigre et avait les joues creusées, si bien qu'il était difficile de déterminé son age. Elle était plutôt farfelue avec ses cheveux violet monter en gros chignon. Elle portait un genre de kimono à fleurs rose et des tongs. Si elle était comme ça avant d’atterrir ici, elle devait se faire dévisager. Quoi qu'ici aussi, les gens ne changeaient pas leur manière de penser parce qu'ils changeaient de lieu.
Pour éviter de dévisager la femme - à l'allure assez drôle - Fleur baissa les yeux sur l'étalage. Pain, confiture, fromages, morceaux de viande, il y avait là le choix. Elle se laissa tenter par un morceau de pain, un gros bout de fromage et une pomme. Elle avait un gros appétit habituellement mais pas ce soir. Elle laissa Produit choisir ce qu'il voulait, lui il avait faim !
La dame avait une jolie voix - grave. Elle parlait à la même vitesse qu'eux mais n'avait pas l'air de s'en rendre compte. Surement que la vitesse de ses pensées avait diminuée elle aussi. A la place que tout ralentisse autour d'eux, était-il possible qu'en fait ce soit leur pensées à eux qui s'accélèrent ?
Quelle question stupide, possible ? Depuis quand quelque chose était qualifié d'impossible ici ? L'impossible était possible, ses thermes étaient maintenant inexactes.
De plus, si le maitre avait dit que le temps ralentissait autour d'eux, c'était le cas. Il n'allait quand même pas s'amuser avec eux et leur mentir. Peut-être finalement. Après tout ce qu'il était prêt à faire, pourquoi de pas mentir, cela paraissait si banal à côté des horribles choses qu'il était capable de déclencher, de créer.
Cela n'avait pas d'importance pour le moment, après tout il aurait pu lui arriver pire. Son corp aurait pu s'enfoncer dans le sol jusqu'aux épaules et elle serait morte de soif dans l'immobilité. Non, elle s'en sortait plutôt bien en faite. La vie continue.
Sur cet élan d'espoir et de positif, elle choisit un banc et ils s'installèrent pour manger. Elle avait maintenant les fesses trempés mais ce n'était pas gênant. Elle coinça son sac entre ses pieds pour qu'il reste le plus possible au sec et prit une bouchée de son pain.
Elle garderait un petit bout de fromage pour manger avec sa pomme. Elle aimait bien les mélanges salé-sucré avant et mettait de la confiture dans ses pâtes ou elle se découpaient des morceaux de pommes qu'elle enroulait dans des morceaux de jambon. Elle faisait ce genre de chose quand elle mangeait seule chez elle pour éviter tout commentaires car il y en avait forcément un à qui ça ne plaisait pas.

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Mer 13 Aoû - 17:39

Après que Fleur eut accepté d'aller manger, les deux compagnons d'infortune se dirigèrent de leur rythme d'escargot vers le stand qu'ils avaient repéré. Une femme y était installée, ce que Produit trouvait étrange, car ce monde semblait être généralement déserté. Toutefois, cela n'empêchait pas les quelques vagabonds qui y habitaient de l'aménager à leur gré. À titre personnel, Produit n'était pas entièrement convaincu par de telles pratiques. Puisqu'ils n'avaient pas la possibilité de quitter les lieux à leur guise, il étaient normal que ces personnes fassent ce qu'elles pouvaient pour vivre avec un minimum de confort. Toutefois, recréer le monde qu'ils venaient de quitter ne semblait pas être très moral, d'après Produit. Les gens auraient dû s'entraider, et non profiter de la situation. Produit avait entendu parler de ces gens qui avaient la ferme intention de s'installer définitivement dans ce monde, mais plutôt que de s'étonner de les voir apprécier leur nouvel environnement au point de perdre l'envie de rentrer chez eux, il leur reprochait de créer des inégalités entre ceux qui possédaient déjà et ceux qui n'avaient pas encore eu l'occasion de posséder. Cette évolution provoquait chez lui un dégoût certain. Quitte à vivre dans un système pourri jusqu'à la moelle, Produit préférait le faire dans le monde réel, puisqu'il y avait sa famille et ses amis, et une place déjà attitrée.
Malheureusement, il était difficile de jouer les pique-assiettes lorsque la nourriture était sous surveillance. En temps normal, Produit n'y aurait pas prêté autant attention et aurait sans doute pris le risque de se soustraire à l'échange. C'était cependant difficile à faire lorsqu'on vivait au ralenti. Produit ne sembla pas remarquer que l'apparence de cette femme était particulière : il ne la dévisagea même pas. Après ce qu'il venait de vivre, une femme aux cheveux violets n'était pas vraiment un phénomène extraordinaire. En revanche, il ne manqua pas de remarquer que Fleur ne prenait pas beaucoup de nourriture, et il se demanda si la jeune fille faisait attention à sa ligne, ou si elle était simplement trop nerveuse pour manger. Produit eut envie de lui dire que si elle ne mangeait pas assez, elle risquait de manquer de forces, mais il abandonna le projet, songeant qu'elle avait d'autres problèmes plus urgents à régler. Le jeune homme se servit plus généreusement : il prit une assiette de viande blanche qui devait être de la volaille, un assortiment de légumes en salade et un verre de lait en guise de dessert et de boisson. Bien sûr, il allait lui falloir un certain temps avant de pouvoir tout avaler, mais il n'avait pas l'intention de se mettre au régime parce qu'il aurait la flemmardise de prendre le temps de manger.
Ce fut lorsqu'il suivit Fleur vers un banc qu'elle avait choisi que Produit se rendit compte que la femme agissait elle aussi au ralenti, même si, contrairement aux deux infortunés clients, elle semblait trouver cette vitesse tout à fait normale. Passé la stupeur initiale, Produit fut pris d'un sourire. Ce constat était en effet très rassurant, puisqu'il lui apprenait que les autres personnes aussi se trouvaient ralenties dans leur sillage. C'était bon signe : ils étaient moins vulnérables aux attaques extérieures, bien que cela ne résolût pas leur problème. Produit se sentit alors encore plus affamé qu'auparavant, à présent qu'un poids venait de quitter ses épaules.
Ils n'étaient pas tirés d'affaire, puisque la possibilité qu'un phénomène extraordinaire les attaquât existait toujours. Mais au moins, ils ne craindraient pas les hommes ni les animaux.

Manger. L'action était très lente à accomplir et demandait toute son attention. Produit ne prit pas la peine d'observer Fleur, pas même du coin de l'œil. Il évita également de parler pour ne pas se ralentir plus que nécessaire. La première fois qu'il avala fut très étrange, car il eut tout le loisir de sentir la trajectoire de la nourriture dans son œsophage, puis il s'habitua à cette sensation. En fait, il s'habituait plutôt bien aux contraintes que représentait sa nouvelle vitesse. Il en était à la moitié de son plat lorsqu'il vit que Fleur avait fini de manger. Produit ignorait depuis quand elle avait fini, mais cela ne l'étonna pas, au vu de la quantité qu'elle avait prise.
« Tu en as eu assez ? » demanda-t-il, l'air concerné par cette demande.
Avant même de recevoir une réponse, il continua à manger, même si, à vitesse normale, il aurait donné l'impression de ne pas faire attention à la réponse. Produit avait envie de lui prodiguer de nombreux conseils pour survivre dans ce monde hostile. Comment cela s'expliquait-il ? Il n'était pas un bon samaritain, il n'était pas non plus du genre à chercher à faire son intéressant devant une fille. Il aimait bien penser à lui avant tout - c'était à peu près tout ce qu'il avait fait depuis qu'il était arrivé ici. Tout ce qui l'intéressait était la porte de sortie, et tant pis s'il ne pouvait aider personne d'autre sur sa route. De toute façon, certaines personnes avaient envie de rester. En tout cas, lui n'avait pas envie de rester seul, c'était une certitude.
Tandis qu'il mangeait, une idée soudain lui vint à l'esprit, et il s'efforça de l'exprimer le plus rapidement possible :
« En écrivant, on se comprendrait peut-être mieux, on pourrait écrire beaucoup mais lire rapidement. » suggéra-t-il.
La seule longueur de cette phrase lui fit craindre de perdre Fleur en route. S'ils devaient parler pendant ce qui leur semblait être de longues minutes, ils auraient bien sûr du mal à se concentrer et risquaient de perdre le fil de la conversation. Écrire prendrait du temps, il est vrai, mais il serait plus simple de se parler. Évidemment, il fallait pour cela avoir un carnet et un crayon, ce que Produit n'avait pas pris la peine de chercher lorsqu'il était arrivé sur ce monde. Fleur en avait peut-être. Mais de toute façon, ce ne devait pas être un matériel bien difficile à trouver.
Le temps de finir sa phrase, et son assiette était désormais vide et son estomac apaisé. Produit conclut le repas en vidant son verre de lait.

avatar
Membre non-validé


Votre Personnage
Après l'apparition du 'Maître':


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Ven 15 Aoû - 20:41

Produit avait pris beaucoup de nourriture, sans doute n'avait-il pas mangé depuis un certain temps. Quoi qu'il en soit, Fleur finit son repas avant lui et l'avait attendu. Elle tripotait les anses de son sac mais avait rapidement arrêté, lassée par sa propre lenteur. Le regard dans le vide, elle réfléchissait. Peut-être arriverait-elle finalement à s'adapter à sa nouvelle vitesse. Pleins de scénarios de vie future - mais proche - tournaient dans sa tête.

« En écrivant, on se comprendrait peut-être mieux, on pourrait écrire beaucoup mais lire rapidement. » proposa Produit formant une longue phrase.

Elle n'était pas sur que ça donnerait quelque chose mais ça ne coutait rien d'essayer. Parler serait-il plus long qu'écrire puis lire ? Elle était sceptique mais posa tout de même son sac sur ses genoux.
Elle en sortit son assemblage de feuilles et sa mine de graphite avec laquelle elle écrivait ses listes.
Par maladresse, elle fit tomber son sac. Elle le récupéra et gaspilla quelques précieuses minutes à le frotter et vérifier l'état de ses affaire. Elle posa son sac entre à côté d'elle et reprit son carnet.
Avec beaucoup de patience, elle tourna une page de son cahier et s'appliqua à écrire aussi vite qu'elle le pouvait quelques mots lisibles.

" Est ce que c'est vraiment plus rapide ? Verdict ? "

Elle cassa sa mine de graphite en deux parties inégales et donna la plus grande à Produit. Elle plaça le petit carnet à la portée de sa vue pour qu'il puisse enfin lire.
Elle ne trouvait pas ça très pratique, peut-être qu'avec un peu d'entrainement ? Voilà que Fleur se voyait s'entrainer à écrire. Elle soupira.
Elle se colora l'index de gris, très concentré, puis un autre doigt, le tout n'était pas très esthétique mais qu'importe pour le moment. Elle prit tout de même le temps de se rincer les doigts avec l'eau qui était tomber sur le banc. La main toujours grise, elle leva la tête vers Produit, sortant de sa rêverie pour l'interroger du regard, les sourcils froncés.

avatar
Les désespérés




Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   Dim 17 Aoû - 9:59

Afin de vérifier si la proposition de Produit était pertinente ou non, Fleur sortit un cahier et un crayon de son sac. Produit ne regarda pas son contenu, même lorsqu'elle fit tomber son sac par inadvertance. Il bouillonnait d'impatience, il est vrai ; toutefois, il ne pouvait pas en vouloir à Fleur à cause de sa lenteur ou de sa maladresse. C'est d'ailleurs en reposant l'assiette et le verre intact à côté de lui que Produit se rendit compte qu'il n'avait rien fait tomber depuis qu'il vivait au ralenti. Cette découverte le stupéfia pendant plusieurs minutes. Il avait l'impression d'être un être humain normal, si bien sûr on oubliait la situation dans laquelle il se trouvait. En réfléchissant à cette découverte, Produit en conclut qu'il était beaucoup plus appliqué dans ses mouvements parce qu'il voulait les rendre les plus efficaces possibles. Il pouvait ainsi s'assurer une bonne prise sur les objets et ne pas se cogner dans les murs lorsqu'il avançait trop rapidement pour calculer sa trajectoire. En effet, lorsque Produit se concentrait sur ce qu'il faisait, il n'était pas plus maladroit que les autres. Bien sûr, il n'était pas sorti d'affaire pour autant. S'il craignait moins la mauvaise chute qu'auparavant, le risque de mourir restait aussi fort. Il suffisait qu'un autre étrange phénomène se produise pour que le danger réapparaisse.
Pourtant, si ses problèmes principaux se résolvaient d'eux-mêmes, Produit conservait toujours l'envie de rentrer chez lui. Il préférait se cogner à vitesse normale parce qu'il n'avait pas fait attention plutôt que de vivre perpétuellement au ralenti.

Lorsque Fleur lui tendit une mine, Produit se rendit compte qu'il l'avait ignorée pendant qu'elle écrivait. Il avait été si concentré dans ses pensées qu'il avait oublié qu'il était accompagné. Cependant, s'il l'avait oubliée, c'est parce qu'il avait pensé à un problème personnel, qui ne devait pas concerner la jeune fille. Il jeta ensuite un œil vers le papier, sans se tourner vers Fleur, mais ne put lire le message avant de l'avoir pratiquement sous les yeux. Le lire ne fut pas long, comme il s'en était douté. Toutefois, il ne savait pas combien de temps Fleur avait mis pour l'écrire, car il n'y avait pas fait attention. Il attrapa alors le carnet pour pouvoir y répondre. Tandis que Fleur s'occupait du mieux qu'elle le pouvait, Produit se dépêcha d'écrire son message. Puisqu'il réfléchissait plus vite qu'il n'agissait, il ne tarda pas à trouver quoi lui écrire :
« + facile à comprendre »
Au moins pouvait-il utiliser des abréviations et des signes. Produit espéra que Fleur serait capable de déchiffrer ce qu'il écrivait. Lui en tout cas écrivait dans sa langue maternelle, langue dont il avait d'ailleurs oublié le nom en arrivant ici, et il avait l'impression que Fleur s'exprimait dans la même langue que lui. Son écriture, en revanche, n'était pas parfaite. Elle était très pointue, le tracé des lettres était maladroit, pas tout à fait exact, parce qu'il avait fait son maximum pour écrire rapidement. Le résultat était qu'il avait réussi à ne pas prendre plus d'une minute pour écrire son message. Peut-être le temps aurait-il été plus court s'il s'était exprimé à voix haute. À vitesse normale, il aurait été trop vite pour pouvoir être appliqué. Puisque le résultat restait quand même lisible, Produit se dit que ce moyen de communication pouvait être conservé pour certaines situations. Pour des phrases courtes, la parole valait mieux, mais s'ils avaient quelque chose de complexe à expliquer ou beaucoup d'idées à exprimer, il serait plus facile de communiquer de la sorte. Voyant que Fleur se rinçait les doigts couverts de gris, Produit en profita pour compléter son message et sa pensée :
« à utiliser si msg long ou compliqué je crois »
Lorsqu'il leva les yeux du carnet, Fleur le regardait, attendant sa réponse. Produit lui rendit alors le cahier, mais il conserva la mine, ce qui serait plus pratique si jamais il devait répondre de la sorte. Il laissa le temps à Fleur de prendre connaissance de sa réponse, puis il dit immédiatement :
« On fait quoi, maintenant ? »
La pluie s'étant arrêtée, il pouvait désormais continuer ses recherches dans la ville, comme il en avait eu l'intention. Toutefois, ses recherches étaient très contraignantes dans l'état actuel des choses. Le jeune homme avait envie de se reposer - après tout, la lenteur était vraiment une chose fatigante. Il se demanda alors l'heure qu'il était. Le monde entier était-il ralenti, ou leur environnement proche seulement ? C'était difficile à dire, puisqu'ils ne pouvaient pas sortir de leur corps pour aller voir ailleurs. Et si seul leur environnement proche l'était, y aurait-il un décalage horaire entre eux et le reste du monde ? Dans un cas comme dans l'autre, il était difficile de déterminer comment cela pouvait être possible. Le plus simple peut-être était de se fier à la course du soleil, mais celui-ci était caché par les nuages. Quant à son horloge interne, elle semblait complètement déréglée par ce changement de rythme.
Produit ferma les yeux. Il avait bien envie de s'allonger sur ce banc, même mouillé, et de dormir. En se réveillant, tout cela ne serait peut-être qu'un mauvais rêve...

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Pluie. (Fleur)   

 

Pluie. (Fleur)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Enfin...... (pv Temête de pluie, Lumière, Rivière d'Argent, Nuage d'Arc, Plume de Colombe, Fleur de Vanille, Petite Plume, Petite Feuille)
» Nuage de Pluie
» Le tonnerre gronde, la pluie tombe, j'en suis heureuse....[Légende Japonnais]
» Obama fait campagne sous la pluie alors que McCain annule...
» Reflexion sur la saga Michelet Casimir - Jean Saint-Fleur

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Anonyme ::  :: La grande ville :: La grande place-